“Gook” de Justin Chon : dénonciation efficace du racisme ordinaire

Gook

 

Autre coup de coeur de cette 43e édition du festival du cinéma américain de Deauville, “Gook”, de Justin Chon traite avec subtilité et efficacité du racisme latent à l’encontre des Américains d’origine asiatiques, y compris entre minorités. Le film explique que le terme Gook est de l’argot américain pour désigner les Américains d’origine asiatique.

 

Le réalisateur (lui-même d’origine coréenne), qui interprète l’un des personnages principaux, raconte le quotidien difficile (économiquement et socialement) de deux frangins qui ont repris la boutique de chaussures de leurs parents dans un quartier populaire de Los Angeles (Paramount) et aspirent à une autre vie. Le film se déroule sur une journée et coïncide avec le déclenchement des terribles émeutes en 1992 à South Central.

 

L’atout charme de ce deuxième long-métrage réside dans les rapports fraternels entre les deux personnage principaux et une petite fille noire, Kamila (interprétée par la pétillante Simone Baker), qui se révèle être la véritable héroïne. Sans trop déflorer l’intrigue, la jeune adolescente au charisme remarquable porte les valeurs qui donnent foi en l’humanité : honnêteté, sincérité et innocence. Malgré les mises en garde de son grand-frère et de sa grande soeur, elle considère les deux frangins asiatiques comme sa propre famille, sans faire cas de la couleur de leur peau ni de leurs origines.

 

Le film qui évolue en grande partie sur le ton de la comédie sociale bascule dans le pur drame dans sa dernière partie, suscitant un réel impact émotionnel chez le spectateur. Aucune date de sortie en salles n’est malheureusement prévue.

Claire Vaye Watkins lauréate du prix littéraire Lucien-Barrière

Le jury du prix littéraire Lucien-Barrière, prix créé en même temps que le festival du cinéma américain de Deauville, a choisi de récompenser, mercredi 6 septembre, une auteure californienne de 33 ans, Claire Vaye Watkins, pour son roman “Les Sables de l’Amaragosa” (éd. Albin-Michel).

 

claire baye watkins

 

Lionel Chouchan, président du Public System a d’abord rendu hommage à Gonzague Saint-Bris, décédé le 8 août dernier. L’auteur habitué du festival de Deauville était membre du jury du prix littéraire Lucien-Barrière. Le président a tenu à reprendre une citation de Jean-Claude Lamy dans son ouvrage sur Jean Edern Allier : « Gonzague Saint-Bris, c’était Freud à minuit, Proust le jour retrouvé, Alfred de Musset toute l’année, le tout revu par Barnum pour les cirques spectaculaires de notre fin de siècle.»

 

Puis Eric Neuhoff, critique de cinéma et écrivain, membre du jury littéraire, a parlé de l’ouvrage récompensé en ces termes : « On y voit que la Californie ne ressemble décidément pas à la Normandie. Même dans un futur proche… Il ne pleut jamais. La sécheresse écrase le paysage, il n’y a plus une goutte d’eau, les piscines sont vides. Une ex-mannequin et un ancien soldat essaient de survivre. Ils partent dans le désert en compagnie d’une petite fille de 2 ans au vocabulaire approximatif. Leur odyssée croisera le chemin d’une secte dirigée par un gourou à l’image de Charles Manson, frissons garantis.»’


Il poursuit : « Claire Vaye Watkins, entre “Mad Max” sans Tina Turner et “la Route” en mieux, décrit l’apocalypse qui nous guette. C’est son premier roman, c’est une surprise. En français, on appelle ça une révélation. Chaque page se confond avec un uppercut. Le cinéma a déjà acheté les droits. En attendant, l’auteure a l’avenir devant elle. Qu’elle se rassure, ce soir au dîner, personne ne mourra de soif. Deauville est un bien bel endroit pour attendre la fin du monde.»

 

L’auteure a enfin pris la parole pour dénoncer les mensonges de l’Amérique. « Wallace Stegner a dit que l’Ouest américain était défini par le mouvement. L’Amérique est une nation construite sur les ossements des colonisés et des esclaves. Les fantômes de l’histoire nous entourent aujourd’hui. Et nombreux sont ceux qui s’efforcent de les ignorer. D’où je viens, dans l’Ouest américain, c’est le pinacle de la destinée américaine, un euphémisme pour ce qui fut une conquête sanglante. Rien de plus qu’une image de propagande. Son paysage fut utilisé pour nourrir le mensonge d’une exception américaine Peut-être est-ce pour cette raison que les Américains de l’ouest aiment prendre la route. Nous n’aimons pas rester trop longtemps au même endroit ni regarder trop loin en arrière, sinon nous finirons par y trouver de la honte.»


Claire Vaye Watkins a ensuite affirmé qu’à travers son roman, elle a voulu embarquer le lecteur dans un road trip sans mentir sur l’histoire de l’Amérique. «Je voulais apporter de l’espoir pour cette planète, les espaces sauvages que j’aime. Mais je ne suis pas sûre d’y être arrivée. Peut-être que l’espoir a changé, peut-être que l’honnêteté l’a remplacé.»

 

Pratique

“Les Sables de l’Amaragosa” , éd. Albin-Michel. Prix : 24 euros.

Michel Hazanavicius, président du jury : « Mes parents avaient une maison entre Livarot et Vimoutiers »

Réalisateur de “The Artist” et du “Redoutable” qui sortira en salles, mercredi 13 septembre, Michel Hazanavicius était le président du jury du 43e festival du cinéma américain de Deauville. Rencontre.

 

Crédit Dominique Saint
Crédit Dominique Saint

 

Vous étiez présent à Cabourg en juin dernier pour présenter votre dernier film Le Redoutable, aujourd’hui vous êtes au festival de Deauville en tant que président du jury. Quelle place occupe la Normandie dans votre vie?

Je venais quand j’étais petit. Mes parents avaient acheté avec des copains à eux une maison entre Livarot et Vimoutiers, dans le Calvados. C’étaient les années soixante-dix, une maison avec beaucoup d’enfants, beaucoup de copains. Je garde de bons souvenirs. Je suis parisien, pour nous la Normandie, c’était la nature.

 

Depuis, revenez-vous régulièrement avec votre compagne, Bérénice Béjo, dans la région?

On vient de temps en temps à Deauville. Pour nous c’est pas très loin, alors on vient avec les enfants.

 

Avez-vous une adresse à Deauville que vous recommanderiez?

Par exemple, avec mes parents, nous avons loué une maison cet été et nous allions chez un boucher à Trouville. Je ne sais pas l’adresse, quand on continue le marché au poisson, il y a une rue qui part sur la droite et il y a un boucher par là qui est excellent.

 

Qu’est-ce qui vous plaît dans ce festival de Deauville, par rapport à d’autres comme Cannes ou Cabourg, par exemple?

Là c’est un petit peu différent car je fais partie du jury et je ne présente pas de film. D’habtude, les festivals, j’y vais en présentant un film.

 

Il y a donc moins de stress?

Oui mais aussi plus de travail. Enfin plus de travail, c’est tout de même très agréable de regarder deux films par jour.

 

Vous êtes cinéphile, vous devez être habitué à voir des films, non?

Pas deux films par jour! Je suis quand même moins cinéphile que ce que j’ai pu être.

 

Le cinéma américain indépendant, pour vous, ce sont quels films plus particulièrement qui vous tiennent à coeur?

Je ne sais pas… L’an dernier : “Manchester by the sea” (de Kenneth Lonergan, avec Casey Affleck et Michelle Williams, NDLR) que j’ai beaucoup aimé. Avant, dans les années cinquante, j’ai l’impression que l’on appelait ça les séries B. Par exemple “Gun Crazy” (”Le Démon des armes”, 1950, de Joseph H Lewis, NDLR) c’est un film dans le genre que j’aime beaucoup. Sinon, un des premiers serait “Le Petit fugitif” (1953, de Raymond Abrashkin, Ruth Orkin et Morris Engel, NDLR) dont la Nouvelle Vague française, Truffaut et Godard se sont réclamés et après, Cassavettes… C’est une longue tradition!

 

Le cinéma américain vous intéresse-t-il toujours?

Oui toujours. Je ne vais pas voir énormément de films de superhéros. J’y vais de temps en temps avec les enfants… Par contre, les blockbusters de type “La planète des singes”, je trouve ça très bien. Je suis allé voir “Cars 3″, c’est très bon.

 

En tant que président du jury, comment voyez-vous votre rôle ?

Pour l’instant on se parle de façon informelle. Nous avons fait une réunion. Mais je ne me prends pas pour un président. C’est hyper honorifique…

 

Vous êtes donc un membre du jury parmi les autres?

Oui, je n’ai pas plus de légitimité que Benjamin Biolay ou Charlotte Le Bon ou tous les autres pour donner mon avis. J’essaie simplement de faire en sorte que cela se passe bien.

 

Votre actualité, c’est “Le Redoutable”. Êtes-vous plutôt excité, stressé, confiant?

En ce moment je dirais plutôt malade… C’est la faute du calvados! (Sourire)

Il y a des films où on sait ce qui va se passer plus ou moins. Là, je ne sais pas. Le sujet peut paraître intimidant pour plein de gens : Jean-Luc Godard, oh là là, je ne connais pas.

 

C’est une comédie…

Oui. Cela reste un film à moi, donc, j’imagine, si on n’aime pas mes précédents films…

 

Est-ce parce qu’elle avait vu vos précédents films que l’auteur Anne Wiazemsky avait accepté de vous accorder les droits de son livre pour cette adaptation?

Elle ne me l’a pas dit comme ça. Je crois que ce qui lui a plu, c’est le fait que d’entrée je lui ai parlé de comédie.

 

Elle était réticente à une adaptation, il me semble.

Oui, elle a refusé de donner les droits plusieurs fois. Le fait que j’ai une approche avec de la légèreté, de la distance sur le sujet, ça lui a plu.

 

Quel serait votre casting idéal pour un prochain film?

Je ne peux pas répondre à cette question car potentiellement, tous les acteurs ou presque tous sont hyperbons. Le truc, c’est de les mettre dans le bon personnage. Par exemple, je viens de travailler avec Louis Garrel, je le trouve extrêmement bon dans le rôle que je lui ai proposé. Mais, je pense que ce ne serait pas lui rendre service que de le caster dans d’autres rôles.

 

C’était quelqu’un avec qui vous vouliez travailler depuis longtemps?

En fait, il y a plein d’acteurs que j’adore. Je ne suis pas sûr que j’aurai un rôle pour tous. Il ne me reste pas beaucoup de temps. Je fais un film tous les trois ans, je ne vais pas en faire 700. Dans les quelques films qu’il me reste à faire j’ai beaucoup moins de places que le nombre d’acteurs que je trouve très bon. Je ne travaillerai pas avec tous malheureusement.

 

Votre prochain film, y travaillez-vous déjà?

J’ai des pistes, mais je ne sais pas encore de manière sûre lequel ce sera.

 

Ce sera une comédie?

Sans doute, oui.

 

Une comédie française?

Sans doute aussi.

 

Au festival, on peut voir un documentaire sur Cary Grant et en voyant un extrait de “Cette Sacrée vérité” de Leo McCarey (1937) avec un petit chien, je me suis demandé si ce n’était pas ce qui vous avait inspiré pour le chien dans “The Artist”?

Pas vraiment. Je ne sais pas bien ce que j’avais en tête. Peut-être une image de Charlie Chaplin avec un chien, peut-être que c’était Tintin… Je trouvais que c’était quelque chose très année 20 d’avoir un personnage avec son chien. Cela faisait très gimmick à l’ancienne. En y travaillant, j’ai découvert que cela avait d’autres valeurs bien plus importantes dans l’équilibre du film. C’était plutôt instinctif que réfléchi.

Kidnap : un concentré d’action qui ne fait pas cas des invraisemblances

Kidnap

 

On pense à “Speed” et à “Mad Max” en regardant cette longue course poursuite en voiture entre Halle Berry et les ravisseurs de son petit garçon. Malheureusement et malgré une bande son plutôt efficace pour entretenir la tension, “Kidnap” de l’Espagnol Luis Prieto, présenté dimanche en avant-première à Deauville, est loin d’atteindre le niveau de ses modèles.

 

La star des X Men, devenue trop rare à l’écran, n’est pas à blâmer. Elle réalise une prestation plutôt solide et tout en émotion en mère courage qui n’abandonne jamais. Et puis pour une fois, que c’est une femme qui est la protagoniste d’un film d’action, on ne va pas s’en plaindre. En revanche, les scénaristes ont trop tiré sur la ficelle au point de s’assoir sur les questions de vraisemblance dans de (trop) nombreuses scènes (l’air bag qui se déclenche puis disparaît comme si de rien n’était, les réactions et comportements totalement débiles des kidnappeurs, des victimes collatérales dont on ne fait aucun cas…) et ça c’est impardonnable.

Yellow Birds : un film de plus sur le traumatisme de la guerre

yellow kids

 

Réalisé par un Français expatrié à Hollywood, Christophe Moors, “Yellow Birds” est un film de guerre qui se déroule en Syrie raconté du point de vue de deux jeunes soldats américains fraîchement engagés. Il était présenté en avant-première à Deauville, dimanche.

 

Efficace dans sa mise en scène et plutôt bien interprété par un trio de jeunes comédiens :  Alden Ehrenreich (”Avé César”) le futur Han Solo jeune, Tye Sheridan (”Mud”) et Jack Huston (American Hustle), avec des seconds rôles féminins solides joués avec intensité par Toni Colette (Muriel) et surtout une étonnante Jennifer Aniston, également productrice du film.

 

Le scénario est signé David Lowery, le réalisateur de “A Ghost Story” présenté en compétition à Deauville. On ne peut pas dire que ce soit le point fort, outre la thématique du traumatisme de la guerre (vu et revu au cinéma), le film est construit autour d’un mystère – qu’est devenu le soldat Murphy (joué par Tye Sheridan)? – qui ne sera dévoilé qu’à la toute fin (bien entendu).

Seulement le dénouement paraît bien prévisible et ne suscite de fait pas l’émotion espérée. De plus, la vision de la Syrie et des Syriens dans ce film est parfaitement réductrice, voire caricaturale, ce qui est gênant.

A Ghost story : Réflexion originale sur le deuil et le but de la vie

ghost story

 

Déjà sélectionné à Deauville en 2014 avec “Les Amants du Texas”, David Lowery concourait cette année, toujours en compétition officielle, avec son nouveau film “A Ghost Story”. Malheureusement, le réalisateur n’était pas à Deauville, dimanche 3 s, pour répondre aux nombreuses interrogations que suscitent son étrange histoire de maison hantée.

 

L’intrigue est la suivante : Après avoir vécu plusieurs années dans une vieille maison, un couple (Rooney Mara et Casey Affleck, tous deux incarnaient déjà les protagonistes dans “Les Amants du Texas”) décide de déménager. Mais, l’homme est tué dans un accident de la route plongeant la jeune femme dans le deuil. Ce qu’elle ne sait pas, c’est que son conjoint est revenu dans la maison, sous forme d’un fantôme.

 

Loin des histoires d’épouvante généralement associées aux fantômes, ce film américain s’apparente d’avantage à un conte philosophique au rythme languissant, voire soporifique pour certains. Profondément original dans la forme, cette oeuvre interroge à la fois le sens de la vie puisque tout est voué à mourir et à disparaître comme l’explique avec insistance un des personnages. C’est aussi une belle réflexion sur les relations humaines et le temps qui passe. On ne comprend pas tout (d’où le regret de l’absence du réalisateur) mais on sort de cette projection totalement fasciné.

 

A noter que le film a remporté le prix du jury, le prix du jury révélation et le prix de la critique internationale à Deauville.

Hommage. Jeff Goldblum : « J’ai été tellement chanceux »

Dimanche 4 septembre, le festival du cinéma américain de Deauville a rendu hommage à la star de Jurassic Park et Independence Day. Et en retour, Jeff Goldblum, 64 ans, a conquis les festivaliers grâce à son humour, son énergie communicative et son sens du spectacle.

 

Cliquez sur l'image pour l'agrandir

 

Spectaculaire, enthousiasmant et très drôle, la star de “La Mouche” et de “Jurassic Parc” a conquis le coeur des festivaliers et figurera sans doute dans les annales de cette 43e édition du festival du cinéma américain de Deauville.

Dès la conférence de presse, dimanche en début d’après midi, Jeff Goldblum a bousculé la routine du jeu des questions-réponses en proposant aux journalistes de jouer à un jeu avec lui. Un jeu en lien avec le cinéma, bien entendu.

 

Et le soir, lors de la cérémonie organisée en son honneur, il a reconduit l’expérience avec le public du CID, avant d’interpréter “Fernande”, de Georges Brassens. «La seule chanson française que je connaisse est une chanson cochonne…» a-t-il confié malicieusement.

Ironiquement ou non (le doute subsiste), il a salué le but du festival deauvillais en ces termes : «Quelle formidable idée que ce festival dédié au cinéma américain, ici, en France, où a été inventé le cinéma par les frères Lumière, s’est-il exclamé. Un festival français qui dit, wow j’aime les films américains, c’est véritablement quelque chose d’appréciable et une marque de générosité.»

 

Poussière

Venue en famille, avec sa femme et ses deux garçons de 2 ans et 4 mois, la star a brièvement évoqué son parcours. « J’ai été tellement chanceux. Je remercie mes bonnes étoiles tous les jours, car lorsque j’étais enfant, je mourrais d’envie de consacrer ma vie à faire semblant et à jouer des rôles. J’ai eu la chance de travailler avec tous ces réalisateurs et acteurs formidables. On ne peut pas être bon sans ces formidables personnes. J’ai eu la chance de jouer dans des bons films et d’autres qui ont été très agréables.» Soulignons qu’en conférence de presse lorsqu’interrogé sur le film de sa filmographie qu’il recommanderait plus particulièrement, sa réponse a été pour le moins surprenante : « Aucun, de toute façon, à la fin, tout cela ne deviendra que poussière.»

 

Malgré sa longue expérience dans le 7e Art, Jeff Globlum se considère toujours comme un «humble étudiant». « Mon prof, Sandy Meisner, m’a dit un jour que toute sa vie on s’améliorait et c’est ce que j’essaie de faire. J’ai même l’impression que je suis sur le point d’atteindre mon meilleur niveau.»

 

Mime

Il raconte qu’à 15 ans, dans sa ville natale de Pittsburgh, il suivait des cours de théâtre et de mime. Fan des “Enfants du Paradis”, de Marcel Carné, « je pensais que je viendrais en France étudier avec Etienne Decroux, qui a fait du mime une véritable religion. A la place, je venais à mes cours de Pittsburgh le visage maquillé de blanc, vêtu d’une chemise rayé et d’un justaucorps noir et portant des chaussons de danse pour pratiquer le mime devant les autres étudiants. A ma surprise, personne n’est venu me tabasser. Peut-être était-il sous le choc comme je l’étais devant cet art français.»


Son rapport avec la France s’est poursuivi plus tard, en découvrant, sur les conseils du réalisateur Paul Schrader, le film de Jean Renoir “La Règle du Jeu”. « Et j’ai même tourné cinq films en France : “Beyond Therapy” (1987) de Robert Altman, “Dream of the Mad Monkey” (1990) de Fernando Trueba, Mister Frost (1990) de Philippe Setbon, The Favour, the watch and the very big fish” (1991) de Ben Lewin et il y’a trois ans, j’ai tourné dans “Le Week-end” de Roger Michell que j’aime beaucoup.»

Il a également confié que sa femme, Emilie Livingston, est venue à Paris, il y a un an et demi pour doubler Rihanna dans le dernier film de Luc Besson, “Valérian”. « Bref, tout cela pour vous dire qu’avec ma femme, nous aimons la France et les Français du fond du coeur.» Sentiment parfaitement réciproque, tout au moins à Deauville.

 

Les mots d’Emmanuelle Devos

 

« Cher Jeff,

depuis vos débuts dans les années 70 aux côtés de Robert Altman, Philip Kaufman ou dans le grand “Annie Hall” de Woody Allen, jusqu’à votre explosion dans le jouissif “Les Copains d’abord” de Lawrence Kasdan, vous semblez transcender vos rôles et y trouver un plaisir intact. La science fiction vous va très bien et pourtant vous êtes un homme bien réel.

Dans Independence Day, vous incarnez l’attachant David Levinson, scientifique excentrique avec ce zeste de folie qui vous caractérise. Dans Jurassic Park, vous nous séduisez en mathématicien charmeur et dans La mouche de Cronenberg qui vous offre un rôle vibrionnant, vous incarnez le genre repoussant les limites jusqu’à cette cruelle transformation en gigantesque insecte volant.

Votre charme fantasque que nous retrouvons dans les personnages de Wes Anderson et le plaisir que vous prenez, tel que j’ai vu ce matin à l’hôtel Normandy, à jouer du piano dans votre groupe de jazz, semblent vous définir comme l’incarnation d’une vitalité sans limite que nous aimerions tous partager.

Pour nous, vous regarder est une chance, un cadeau, un délice. »

Hommage. Robert Pattinson : « Vive la France! »

Cliquez sur l'image pour l'agrandir

 

«Je crois que je vais emménager à Deauville!» Crâne rasé, yeux bleus pétillants et le sourire généreux, Robert Pattinson, 31 ans, semblait aux anges, samedi 2 septembre, à l’occasion de l’hommage que lui a rendu le festival du cinéma américain de Deauville. A noter que c’est le deuxième hommage qui lui est décerné puisque l’an dernier, il avait remporté le pro du Nouvel Hollywood. Malheureusement, il n’avait pu être présent et avait adressé un message depuis Belfast où il tournait alors dans le film de James Gray, “The lost city of Z”.

 

«Tu es un être riche»

Dans une superbe robe verte échancrée, la comédienne française Bérénice Béjo a été choisie pour prononcer le discours laudateur. Le ton était léger et humoristique tout en exprimant une certaine admiration pour le talent de caméléon du jeune comédien britannique révélé dans la saga Harry Potter il y a une quinzaine d’année (il jouait Cédric Diggory). «Les plus grands acteurs ont toujours été comme ça au service de l’histoire, du metteur en scène. Tu sembles choisir les rôles qui te sont les plus éloignés comme pour mieux te cacher.»

Les deux comédiens ont tourné ensemble en 2015 en Hongrie, dans le film “L’enfance d’un chef”. «A Budapest, tu n’es pas resté caché. Nous avons beaucoup partagé et discuté de beaucoup de choses. Nous avons parlé un peu des êtres qui nous sont chers avec pudeur et respect et, de cinéma, beaucoup. J’ai découvert que tu vais un avis bien tranché et surprenant notamment sur le cinéma français. Pour moi, tu es un être riche, plein de contradictions et en même temps très cohérent.Tu nous embrouilles pour pouvoir nous surprendre.»

 

Thriller haletant

Déstabilisé et ému, le comédien l’était manifestement sur scène. Ce qui ne l’a pas empêché de faire de l’humour dès son arrivée sur scène. «Je viens ici, j’ai droit à une cabine de plage à mon nom, je rencontre le maire et Bérénice Béjo dit qu’elle veut tourner des scènes d’amour avec moi… Vive la France!»


Il a ensuite tenu à remercier le public prêt à voir des films «un peu plus exigeants que la plupart des autres» et a cité chacun des réalisateurs avec qui il a tourné depuis le début de sa carrière. «J’aime cette industrie, et cet amour grandit d’année en année. Quiconque travaille dans ce milieu sait combien c’est un privilège d’en faire partie.»

 

Parmi les cinéastes, il insiste sur David Cronenberg avec qui il a appris à «jouer tout à fait autrement» et les frères Josh et Benny Safdie présents à ses côtés avant la projection de l’excellent “Good Time”, injustement oublié au palmarès du dernier festival de Cannes. «Ce film a été une expérience de cinéma unique», a déclaré la star qui interprète le rôle principal de ce thriller haletant, voire oppressant, dont le thème est la relation fusionnelle entre deux frères prêts à tout pour vivre heureux ensemble.

Hommage. Laura Dern, comédienne : “J’apprends le français”

Le festival de Deauville a rendu hommage à Laura Dern, 50 ans, comédienne muse de David Lynch, également productrice et réalisatrice.


Cliquez sur l'image pour l'agrandir

 

Radieuse, souriante et élégante, Laura Dern a répondu aux questions de la presse, samedi matin. La veille, elle recevait un hommage du festival du cinéma américain de Deauville sur la scène du CID.

L’occasion d’évoquer sa relation cinématographique et télévisuelle avec le cinéaste David Lynch depuis plus de trente ans, de “Blue Velvet” à la dernière saison de “Twin Peaks” sortie cette année. «David Lynch a laissé tellement d’empreintes en moi. S’il ne fallait en retenir qu’une, je dirais une foi innée en lui et en moi-même quand je suis avec lui. J’ajouterais : l’absence de frontières dans l’art et le fait de trouver l’humour dans les endroits les plus douloureux ou les plus fous. »


A propos de “Twin Peaks”, elle a confié sa totale admiration : «Lorsque la série est apparue à la télévision il y a plus de vingt ans, les gens qui ne connaissaient pas ses films disaient : c’est la chose la plus étrange et la plus radicale que j’ai jamais vue! Et aujourd’hui, mon fils de 16 ans avec ses amis découvrent le nouveau “Twin Peaks” et s’exclament : C’est la chose la plus radicale que j’ai jamais vue. Cela m’enchante au plus haut point que David Lynch puisse être considéré comme le réalisateur le plus original par deux générations de spectateurs.»

 

Déclaration d’amour

Le cinéma européen et français occupent une place majeure dans la cinéphile de Laura Dern. Elle cite notamment “Hiroshima mon amour”, d’Alain Resnais parmi les films qu’elle recommande à ses proches, de même : “Amour”, de Michael Haneke. «Depuis longtemps, commente la star, les Français ont su raconter des histoires pour les femmes d’une façon que l’on commence juste à appréhender aux Etats-Unis. La vieillesse et le deuil sont deux thèmes que nous avons tous peur d’aborder et, à ce titre, “Amour” est un film qui me tient à coeur. Je souhaite que les gens puissent le voir et le revoir, car le message de ce superbe film est simple : face au deuil, nous ne sommes pas seuls.»

L’actrice, qui a confié que jouer dans un film européen était un de ses rêves les plus chers, a littéralement exprimé sa déclaration d’amour au cinéaste Pedro Almodovar avec qui elle adorerait tourner. «J’apprends le français et j’ai toujours regretté de ne pas savoir parler espagnol… Mais j’estime que si je fais partie de l’univers de David Lynch, alors je dois pouvoir trouver ma place dans l’univers d’Almodovar et de ses femmes formidables.»

 

Sabre laser

L’actrice, également productrice, a donné son opinion sur l’inégalité de salaires entre les acteurs et les actrices à Hollywood. «J’ai été élevée par une actrice. J’ai beaucoup entendu parler de cette problématique. La différence de salaires en raison du genre existe dans de nombreuses professions, ce n’est pas spécifique au monde des acteurs. Aujourd’hui, aux Etats-Unis, on insiste comme jamais sur le fait que les femmes doivent être respectées. J’ai eu le privilège d’écouter le Dalai Lama à New York. Quelqu’un lui avait demandé : qui vous a appris le plus? Et lui de répondre : Mao Ze Dong. J’ai trouvé ça extraordinaire de considérer que l’on apprend le plus de celui qui te brutalise. Plus les femmes rencontrent des défis comme l’égalité ou le respect, plus elles se font entendre.»


L’évolution de l’industrie cinématographique américaine, depuis les débuts de la comédienne dans les années 80, est à l’image de la politique, explique-t-elle. «Cela change tout le temps, sans pour autant évoluer. Cela fonctionne par cycles. J’ai grandi dans les années 70 et j’ai vu mes parents tourner avec des réalisateurs révolutionnaires et courageux. Puis, est arrivée la notion de blockbuster. Aujourd’hui, je vois l’émergence d’un nouveau monde, tout aussi courageux, du cinéma indépendant. C’est lié à la télévision câblée et cela offre une plus grande autonomie aux acteurs et aux réalisateurs. Une nouvelle génération de réalisateurs fait surface, à l’image de celle des années 70 et c’est formidable.»


Parmi ces jeunes réalisateurs, Rian Johnson, avec qui elle tourne actuellement le nouvel épisode de la saga “Star Wars”. «Comment dire non à un tel projet? Quand j’avais 7 ans, je jouais dans ma chambre avec un sabre laser. Cette fois on me demande de le faire devint des caméras! Et puis j’adore Rian Johnson et son film Looper.  Le talent du réalisateur prédomine toujours dans mes choix.»

Audrey Bastien, actrice : “Cabourg, c’était tout doux”

Audrey Bastien, 25 ans, actrice révélée dans “Simon Werner a disparu”, de Fabrice Gobert (créateur de la série “Les Revenants”) était présente au 31e Festival du film romantique de Cabourg pour présenter “L’Âme du tigre”, de François Yang.

(crédit Dominique Saint)
Audey Bastien photographiée à Cabourg, samedi 17 juin. (Crédit Dominique Saint)

Vous étiez déjà venue 2011 au festival de Cabourg pour présenter “J’aime regarder les filles” avec Pierre Niney. Avec “L’Âme du tigre”, présenté en section Panorama, c’était votre deuxième visite. Que retenez-vous de votre séjour ?
Avec Fréd (Frédéric Siuen, l’acteur principal de « L’Âme du tigre », NDLR) on s’est chamaillés tout le long (rire). Je n’ai pas vu de films… Je dirais bonne nourriture, vacances et soleil !

Comment avez-vous été approchée pour jouer Eloane dans « L’Âme du tigre » ?
Fréd était pris depuis des années. J’ai passé deux essais dont un avec Christel Baras, la directrice de casting. Elle m’avait vue dans “À la source” (2014), un court-métrage de Steve Achiepo dans lequel je joue une fille partie faire ses études à Paris et qui revient dans sa banlieue. C’est Christel qui est venue me chercher et c’est grâce à elle que j’ai eu le rôle.

Qu’est-ce qui vous a séduit dans le personnage d’Eloane?
C’est une femme casse-cou. Face au personnage joué par Fréd, on s’était dit qu’il fallait une fille qui lui tienne tête, pas une midinette. Mon personnage est censé être musicienne, même si on ne le voit pas à l’écran.

Ce film vous a-t-il donné envie de tourner en Chine ?
Oui ! J’aimerais beaucoup. Les gens qui vont voir le film pensent qu’on a tourné là-bas.

C’est bien aussi d’avoir tourné dans le 13e à Paris, un quartier qu’on ne voit pas souvent au cinéma…
Oui, c’est vrai. En fait, moi, j’ai tourné en Suisse mais c’était pas mal aussi !

Audrey Bastien avec Frédéric Siuen, sur le tapis rouge de Cabourg.
Audrey Bastien avec Frédéric Siuen, sur le tapis rouge de Cabourg.

Vous avez déclaré lors de la projection du film à Cabourg que vous étiez Vosgienne, c’est vrai ?
Non c’était pour rigoler. Mon père est Vosgien et je venais de tourner un film dans les Vosges. Je suis née à Courcouronnes (91) mais j’ai déménagé à peu près tous les trois ans dans ma vie.

Vous avez vécu aux États-Unis, je crois ?
Oui à Washington DC de 9 à 11 ans.

Vous êtes donc parfaitement bilingue…
Je peux faire genre (sourire).

Vous avez joué en anglais récemment dans le film “For This is My Body” de Paule Muret…
Oui. la réalisatrice voulait que j’appuie sur l’accent français.

Vous parlez habituellement avec un accent américain, j’imagine ?
Oui.

En quoi ce film est-il votre préféré parmi tous ceux que vous avez tournés jusqu’à présent ?
Quand j’ai lu le scénario, j’ai eu l’impression de lire un roman. C’est une histoire de rencontre entre Paula mon personnage et celui de Carl (Barât). C’est sans doute la rencontre humaine la plus forte de ma vie. Ce film parle tellement bien de la solitude. Cela m’a fait penser à mon film préféré quand j’étais plus jeune : « Lost in Translation », de Sofia Coppola. Mon personnage est tellement perdu dans ce film !

Vous avez obtenu une licence d’anglais après votre bac ES. Comment êtes-vous devenue comédienne ?
Grâce à Internet. Si j’avais des bonnes notes, je pouvais avoir des billets de train pour passer des castings. À l’époque, je vivais dans la campagne près de Bordeaux. À l’époque je regardais plein de films et ça m’a donné envie.

Y a-t-il un personnage de cinéma que vous auriez aimé incarner à l’époque ?
Incarner je ne sais pas. Mais, j’aime beaucoup “Chloé” avec Marion Cotillard. C’est tellement beau même si c’est un film hyper sombre sur la prostitution. Marion, je la trouve tellement belle et bonne actrice. Elle m’a donné envie de vivre des choses aussi fortes qu’elle.

C’est rigolo, car Marion Cotillard était présidente du jury à Cabourg cette année. D’ailleurs, le président du jury courts-métrages était Gabriel Le Bomin avec qui vous venez de tourner « Nos patriotes » (en salles depuis le 14 juin, NDLR)…
Je joue un petit rôle. Mon grand-père était maquisard. Et encore fort, celle qui joue ma grand-mère dans le film a été prof de SVT (sciences de la vie et de la terre) de mon père ! Ma scène préférée du film c’est quand elle tient la main de Mamadou Addi Bâ, le personnage principal. De mon côté, je joue une jeune fille qui va cacher Mamadou Addi Bâ dans le grenier.

Que fait votre père dans la vie ?
Aujourd’hui il est à la retraite, mais il était dans l’armée de l’air. Ma mère était mère au foyer.

Avez-vous un frère ou une sœur ?
Non.

En dehors de Marion Cotillard, y a-t-il des acteurs ou des actrices que vous admirez le plus ?

Béatrice Dalle. Je l’ai vue dans “37°2 le matin”. Je l’avais enregistré en douce. Elle était sublime dans ce film ! Je dirais Florence Loiret-Caille aussi.

À part “Lost in Translation”, quels films aimez-vous particulièrement ?
Je dirais “Dancer in the Dark” (de Lars Von Trer, 2000). Je suis folle de Björk, je l’ai vue en concert il y a un an.

J’ai grandi en voyant plein de films. Je pense à ce film (”Maman à 16 ans“, de Didier Bivel) avec Florence Loiret-Caille. Elle jouait une fille enceinte de 16 ans. Je le regardais en boucle quand je devais avoir 12 ans. Ça me donnait envie d’avoir un bébé et d’être une adulte. C’était ce genre de films plus pour les adultes, de type cinéma d’auteur, qui passaient tard à la télé et je les enregistrais.

Votre premier film important c’est “Simon Werner a disparu” (2010) de Fabrice Gobert. Quel regard portez-vous aujourd’hui sur votre interprétation de ce personnage machiavélique ?
À l’époque, j’étais deja très dure avec moi-même.  Aujourd’hui, si je devais revoir “Simon Werner”, j’imagine que je serais plus  bienveillante. Je n’avais que 17 ans. C’est un rôle riche, mais tellement court.

Vous étiez allée à Cannes pour présenter le film. Quel souvenir ?
C’était ma première fois à Cannes. Surtout, ça a été magique de voir le film dans la grande salle du Palais. Il y a eu de beaux applaudissements à la fin.

J’imagine qu’en comparaison Cabourg était moins formel ?
Cabourg, c’était tout doux…

Dans le film “J’aime regarder les filles” de Frédéric Louf, vous incarnez un personnage plus romantique, amoureuse de littérature. Êtes-vous plus à l’aise pour jouer ce genre de personnage ?
Je préfère quand je joue des méchantes, mais bon, je suis aussi très romantique en vrai…

Lorsque vous jouez un personnage, quelle est votre méthode pour exprimer des émotions à l’écran ?

J’apprends. je n’ai pas pris de cours, je n’ai pas de méthode. Je vois bien ces comédiens qui mécaniquement arrivent à pleurer au bout de vingt secondes. Je ne juge pas. Je n’ai pas de truc.

Audrey Bastien et Solène Rigot à Cabourg. (crédit Dominique Saint)
Audrey Bastien et Solène Rigot à Cabourg. (Crédit Dominique Saint)

Dans “Puppy Love” (2014) de Delphine Lehéricey, vous retrouvez Solène Rigot comme partenaire. Elle m’a confié que vous étiez complémentaires. Que pensez-vous d’elle en tant qu’actrice ?
Ce qu’elle est vraiment et ce qu’elle dégage ne sont pas du tout la même chose. C’est pourquoi c’est déroutant lorsqu’elle est à l’écran. On n’est pas des midinettes et c’est pour ça, je crois qu’on s’entend si bien depuis tant d’années et qu’on a joué ensemble, que ce soient des cousines, des sœurs, des amies/amoureuses !

Dans ce film il est question de sexualité adolescente. Quel rapport entretenez-vous avec votre corps à l’écran ?
Je ne suis pas pudique et je me fiche des regards sur le plateau au moment où le réalisateur dit « Action ! ». Et à l’écran, ça ne me fait rien de me voir nue. Je ne me reconnais pas, je vois juste quelqu’un.

En dehors de “For this is my body”, votre prestation dans “Puppy Love” est l’une des plus remarquables de votre jeune carrière…
Oui, ce rôle m’a permis de faire des choses par la suite, des réalisateurs m’ont fait confiance. Malheureusement, le film n’est pas sorti en salles en France. Il a surtout été vu en Belgique. Mais j’ai vu qu’il était programmé sur Netflix aux États-Unis, et ça, c’est cool !

Dans “2 Automnes, 3 Hivers”, de Sébastien Betbeder, vous jouez face à Vincent Macaigne, le partenaire de Solène Rigot dans « Tonnerre »…
J’adore Vincent ! C’est quelqu’un de très intéressant ; J’aimerais trop le voir dans une belle histoire d’amour passionnelle sans qu’on se moque de son personnage ni de son physique. En plus, je le trouve trop beau. Beaucoup de gens le trouvent émouvant mais moi, je le trouve vraiment canon !

AImeriez-vous jouer dans cette histoire d’amour passionnelle ?
Bien sûr ! Je suis peut-être un peu trop jeune…

Comment avez-vous été approchée pour jouer dans ce film ?
Le réalisateur m’avait vue dans « Simon Werner a disparu » et il m’a envoyé le long monologue face caméra. Je me suis mis la pression, c’était le texte le plus long de ma vie ! J’étais angoissée. Mais quand je l’ai rencontré, j’ai compris qu’il m’avait déjà choisie pour le rôle. C’était bon !

Êtes-vous plus à l’aise pour jouer des personnages avec peu de textes et laisser votre corps et votre visage exprimer les émotions plus que des mots ?
Je ne sais pas. Les mots, c’est beau. Grâce aux mots des autres, j’ai l’air moins bégayante, je suis plus à l’aise. Après, il n’y a pas très longtemps, j’ai joué un avatar, un rôle presque muet. J’ai adoré !

Êtes-vous sollicitée pour jouer dans des films américains ?
Oui j’ai eu des occasions, mais cela n’a pas marché. Je me mettais trop de pression. Comme si je me sabotais.

Quel est le film romantique par excellence selon vous ?
Je ne sais pas… J’en ai vu dernièrement qui est trop cool : « Love Steaks » (de Jakob Lass), un film romantique allemand. L’acteur (Franz Gorowski) est incroyable ! D’ailleurs, il joue dans le prochain Haneke (”Happy End” sortira en salles le 4 octobre, NDLR).

Et dans votre filmographie ?
“For this is my body” !

Quels sont vos projets ?
J’ai tourné dans “Deux Mondes”, une série en réalité virtuelle produite par Canal + et le Studio Bagel Productions qui travaille habituellement pour Youtube. J’ai joué un avatar, avec Come Levin, l’acteur que l’on voit dans le film “Amsterdam” (de Stefan Miljevic, 2013). En plus, le réalisateur Louis Farge est un ami depuis huit ans. C’était la première fois que je tournais pour un ami.

Avez-vous envie de passer derrière la caméra ?
Oui ça me parle beaucoup depuis des années. J’ai déjà essayé de filmer mais je tremble. Il suffirait de bien s’entourer. J’écris des choses, mais j’ai besoin de quelqu’un qui puisse écrire avec moi, qui mettrais en forme ce que j’ai dans la tête…