Emmanuelle Bercot : « Deauville est le grand frère du festival de Cabourg »

La comédienne et réalisatrice, Emmanuelle Bercot était la présidente du jury révélation du 43e festival du cinéma américain de Deauville.

 

 

Crédit Dominique Saint
Crédit Dominique Saint

 

Avez-vous des liens particuliers avec Deauville et la Normandie?

Très honnêtement, je n’ai pas de liens particuliers, si ce n’est que j’ai une grand-mère normande, donc j’ai 25% de sang normand dans mes veines.

 

Elle était originaire d’où?

D’Yvetot.

 

Venez-vous régulièrement à Deauville?

Non, très peu. Je venais quand j’étais jeune car c’était le moyen d’aller à la mer le moins loin de Paris et j’aimais beaucoup jouer au casino. Mais, ça c’était il y a vingt-cinq ans et ça fait longtemps que je ne viens plus tellement.

 

Vous restiez à Deauville ou Trouville?

Trouville!

 

Préférez-vous le cadre trouvillais au cadre deauvillais?

Non, mais je connais mieux Trouville. Deauville je n’en connais que les Planches et le Normandy.

 

Est-ce votre première participation au festival de Deauville?

Oui, c’est ma première.

 

Je ne sais pas si vous êtes déjà venue au festival de Cabourg?

Oui, j’y suis venue plusieurs fois.

 

Par rapport à Cabourg, quelle est la spécificité du festival de Deauville, selon vous?

Il y a un point commun : ce sont deux festivals extrêmement sympathiques où les gens aiment venir. Le festival de Deauville est plus grand, plus long. Deauville a quasiment la même durée que Cannes. Il y a beaucoup plus de films qu’à Cabourg. Je dirais que le festival de Deauville est le grand frère du festival de Cabourg qui est beaucoup plus intimiste, familial avec une sélection de films qui ne sont pas uniquement américains. A Deauville, la particularité c’est aussi cela, on fête le cinéma américain. Il n’y a pas beaucoup de festivals qui se focalisent sur un cinéma. C’est assez agréable d’autant qu’on peut découvrir des films qu’on n’aurait pas vu sinon.

 

En tant que présidente du jury Révélation, avez-vous une consigne particulière de chercher une révélation que ce soit un acteur, une actrice, un réalisateur, etc. ?

Non, ce n’est pas ça. Le titre de ce jury est un peu ambigu car on n’est pas censé choisir un premier ou un deuxième film, une jeune réalisateur…on est censé avoir une révélation devant un film.

 

Un coup de coeur en quelque sorte?

C’est l’équivalent d’un coup de coeur comme pour l’autre jury (présidé par Michel Hazanavicius, NDLR). On peut très bien remettre un prix à quelqu’un de 60 ans qui a fait cinq films par exemple.

 

Le côté révélation caractérise votre cinéma. En tant que réalisatrice vous avez révélé pas mal de jeunes talents…

Oui, c’est pour ça que j’avais voulu me faire préciser ce terme pour le festival. Révéler des nouveaux talents, je le fais en effet dans mes films!

 

Avez-vous été biberonnée au cinéma américain dans votre enfance?

J’ai été biberonnée au cinéma et notamment au cinéma américain parce que j’allais beaucoup au cinéma enfant et adolescente. Mes parents aimaient beaucoup le cinéma. Evidemment, le cinéma américain nous faisait rêver.

 

Votre premier souvenir de film américain vu en salle?

Je ne peux pas dire. Mais il y a un film que j’ai vu enfant et qui m’a évidemment marquée, c’est “Kramer contre Kramer”. Mon père était un grand fan de Dustin Hoffman.

 

Aujourd’hui, si on vous propose d’aller voir un film américain, cela vous tente toujours autant?

Mais je n’attends pas qu’on me le propose (sourire)! Je vais beaucoup au cinéma. J’essaie de suivre ce qui se fait en France mais je suis toujours attirée par le cinéma américain. Les films qui sortent en France sont en général de très grande qualité.

 

Que pensez-vous de la polémique liée au fait que les écrans sont monopolisés par les films de super héros américains?

Je ne vais pas voir ces films là. Je vais plutôt voir le cinéma indépendant américain. Les grosses productions américaines monopolisent nos écrans… Ils font énormément d’entrées et il leur faut deux ou trois salles dans les multiplexes parce que les salles sont pleines. C’est un problème car nos films ne peuvent pas rester suffisamment à l’affiche pour avoir une chance de marcher, de s’installer sur la longueur. Ce n’est pas le seul domaine où on se fait un peu écraser.

 

Ce cinéma américain indépendant que vous voyez, en quoi il peut influencer votre propre cinéma?

Tous les films que je vois peuvent influencer mon propre cinéma, pas plus celui-là qu’un autre. Ce que j’aime énormément dans le cinéma américain et peut-être influence mon cinéma, c’est la qualité des comédiens. Les acteurs anglo-saxons ont un niveau de jeu inégalables. J’aime observer leur jeu, comprendre comment ils travaillent et m’en inspirer pour la direction d’acteurs avec les comédiens français.

 

Avez-vous déjà dirigé des acteurs anglo-saxons?

Jamais, mais j’ai fait mon dernier film avec une actrice danoise qui travaille aux Etats-Unis, je l’ai considérée comme une Anglo-saxone dans le sens où elle a un peu la même technique, les mêmes réflexes que les acteurs anglo-saxons.

 

Êtes-vous satisfaite de l’accueil et de durée de vie au cinéma de votre dernier film, “La Fille de Brest”?

Le film a bien marché par rapport au prix qu’il a coûté. Comme c’est un film qui n’a pas coûté très cher, il n’a pas besoin de faire beaucoup d’entrées. Il a attiré plus de 420 000 spectateurs, cela m’a paru très bien car ce n’était pas un sujet facile et attirant. Il n’y avait pas d’acteurs archi connus…

 

 

Est-ce le fait que vous aviez rencontré un beau succès avec le film précédent “La Tête haute” et vous aviez remporté un prix à Cannes pour votre prestation dans “Mon Roi”?

C’est sûr que cela se répercute. Quand on a un succès comme celui de La Tête haute, on fidélise des gens. Des personnes sont venues voir La Fille de Brest, elles ne l’auraient sans doute pas fait si elles n’avaient pas aimé La Tête haute. Des personnes qui ont eu la curiosité de voir le film que je ferais après. C’est quelque chose qui se fait dans le long terme. On verra sur le prochain film, combien de personnes seront curieuses de venir le voir! (Sourire)

 

Vous travaillez dessus déjà?

J’ai des pistes mais je suis à l’étape qui précède l’écriture du scénario, l’étape où on débroussaille ce qu’on a envie de raconter, on prend des notes, on cercle le film avant de l’écrire.

 

Vous venez de tourner deux films : “L’heure de la sortie”, avec Laurent Lafitte et “Jumbo”, avec Noémie Merlant, la révélation du film “Le ciel attendra”, je crois?

Le dernier là n’est pas tourné encore. Normalement, ça se tourne au printemps. L’heure de la sortie est un thriller. Un prof de français joué par Laurent Lafitte qui, après le suicide d’un professeur, remplace ce prof et vient donner de cours de français dans un lycée où il n’y a que des surdoués. Il se fait harceler et terroriser par une bande de cinq gamins un peu particuliers.



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