Darren Aronofsky à Deauville : « Merci de me faire sentir si bien accueilli »

Le réalisateur de “Requiem for a dream” et “Black Swan”, Darren Aronofsky, 48 ans, a reçu un hommage du 43e festival du cinéma américain de Deauville, vendredi 8 septembre, avant de présenter son dernier film en date, “Mother!” avec, dans le rôle principal, sa compagne Jennifer Lawrence.

 

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« Merci d’avoir fondé ce festival et de faire preuve d’autant d’amour pour le cinéma américain. » Le réalisateur américain Darren Aronofsky a remercié les fondateurs et responsables du festival du cinéma américain de Deauville ainsi que le public. « Merci de me faire sentir si bien accueilli à chacune de mes visites ici », a-t-il déclaré vendredi 8 septembre, sur la scène du CID au moment de recevoir son hommage.

 

« Je garde un souvenir très vivace de ma première visite au festival avec “Pi”, je n’arrive pas à croire que cela fait déjà vingt ans. Je suis soulagé qu’il n’y avait pas beaucoup d’appareils photos à l’époque, je n’ai pas vu une seule photo de cette époque, et c’est une bonne chose! »

En revanche, il a confessé ne plus se souvenir de la projection du film au festival. « Désolé, je me souviens davantage du bar et de la discothèque au casino, a-t-il confié avec humour. Je devais avoir 28 ans. En revanche, je me souviens très bien de la projection de “The Fountain” ici. Après l’incompréhension du film lorsqu’il avait été montré à Venise, nous sommes venus ici et l’accueil à Deauville avait été fantastique. Je me souviens de l’amour pour ce film de la part du public français. »

Il a donné rendez-vous au festival dans vingt ans, avec humour. « J’espère que l’on m’attribuera une deuxième cabine de plage, sinon je reviendrai chaque année ou tout du moins à chaque fois que je réaliserai un nouveau film. »

 

Des bouh dans la salle

Son dernier film sorti mercredi 13 septembre, “Mother!” était présenté vendredi 8 septembre en avant première à Deauville. Pour le réalisateur, il s’agit de son projet le plus fou. « Je vous préviens si vous voulez quitter la salle, c’est maintenant, je vous aurai prévenu et je vous demande pardon à l’avance pour ce que vous allez voir », a-t-il lancé au public du CID. Le film a effectivement fortement divisé la salle, de nombreux “bouh” ont été lâchés au lancement du générique de fin.

Son film traite d’un sujet relativement simple qui lui tient à coeur. « Je ressens beaucoup de frustrations face à la lenteur de nos réactions concernant ce qui se passe autour de nous. J’ai eu envie de raconter l’histoire de son point de vue, pour la première fois.» Il parle de mère nature, “la mère de nous tous, elle qui nous a donné la vie, toutes ses richesses et cette belle planète ». « La douleur qu’elle ressent, j’ai voulu la faire ressentir dans mon film. »


Oppressant, étouffant, dérangeant, “Mother!” se révèle être un conte horrifique en forme de huis-clos, d’une redoutable efficacité, porté par une Jennifer Lawrence totalement investie dans son personnage de victime au bout du rouleau. Le message est clair : réveillons-nous, la planète agonise et si l’on ne fait rien, nous allons tous disparaître.

Les mots de Lionel Chouchan

« Le festival de Deauville montre depuis 43 ans, le meilleur du cinéma américain. De Joseph Mankiewicz à Terrence Malick en passant par Steven Spielberg, Tim Burton, Clint Eastwood, James Gray ou John Cassavettes, la plupart des grands cinéastes qui ont été honoré ici le doivent à l’art lequel raconte des histoires.

Cet art, là où la mise en scène n’est pas, le cinéma n’est pas. Ce soir, l’homme que nous honorons a fait sienne cette devise. Nous l’accompagnons depuis ses débuts, puisque “Pi” fut présenté en 1998 et qu’ensuite nous avons montré la plupart de ses films.

Darren Aronofsky a dans tous ses films sans exception affirmé l’ambition d’un postulat inatteignable, faisant de l’irrationnel la raison de son oeuvre. Là où certains réalisateurs adaptent leur vision à leurs moyens, Darren Aronofsky se hisse au niveau du mystère comme à celui de l’insondable. Cela est son immense talent et fait de lui un chevalier de son art.

Dans son dernier film, “Mother!”, chaque plan contient l’intégralité de son propos révélant ainsi un auteur, un créateur un visionnaire, un cinéaste rare et ô combien accompli. »

 



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