Hommage. Laura Dern, comédienne : “J’apprends le français”

Le festival de Deauville a rendu hommage à Laura Dern, 50 ans, comédienne muse de David Lynch, également productrice et réalisatrice.


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Radieuse, souriante et élégante, Laura Dern a répondu aux questions de la presse, samedi matin. La veille, elle recevait un hommage du festival du cinéma américain de Deauville sur la scène du CID.

L’occasion d’évoquer sa relation cinématographique et télévisuelle avec le cinéaste David Lynch depuis plus de trente ans, de “Blue Velvet” à la dernière saison de “Twin Peaks” sortie cette année. «David Lynch a laissé tellement d’empreintes en moi. S’il ne fallait en retenir qu’une, je dirais une foi innée en lui et en moi-même quand je suis avec lui. J’ajouterais : l’absence de frontières dans l’art et le fait de trouver l’humour dans les endroits les plus douloureux ou les plus fous. »


A propos de “Twin Peaks”, elle a confié sa totale admiration : «Lorsque la série est apparue à la télévision il y a plus de vingt ans, les gens qui ne connaissaient pas ses films disaient : c’est la chose la plus étrange et la plus radicale que j’ai jamais vue! Et aujourd’hui, mon fils de 16 ans avec ses amis découvrent le nouveau “Twin Peaks” et s’exclament : C’est la chose la plus radicale que j’ai jamais vue. Cela m’enchante au plus haut point que David Lynch puisse être considéré comme le réalisateur le plus original par deux générations de spectateurs.»

 

Déclaration d’amour

Le cinéma européen et français occupent une place majeure dans la cinéphile de Laura Dern. Elle cite notamment “Hiroshima mon amour”, d’Alain Resnais parmi les films qu’elle recommande à ses proches, de même : “Amour”, de Michael Haneke. «Depuis longtemps, commente la star, les Français ont su raconter des histoires pour les femmes d’une façon que l’on commence juste à appréhender aux Etats-Unis. La vieillesse et le deuil sont deux thèmes que nous avons tous peur d’aborder et, à ce titre, “Amour” est un film qui me tient à coeur. Je souhaite que les gens puissent le voir et le revoir, car le message de ce superbe film est simple : face au deuil, nous ne sommes pas seuls.»

L’actrice, qui a confié que jouer dans un film européen était un de ses rêves les plus chers, a littéralement exprimé sa déclaration d’amour au cinéaste Pedro Almodovar avec qui elle adorerait tourner. «J’apprends le français et j’ai toujours regretté de ne pas savoir parler espagnol… Mais j’estime que si je fais partie de l’univers de David Lynch, alors je dois pouvoir trouver ma place dans l’univers d’Almodovar et de ses femmes formidables.»

 

Sabre laser

L’actrice, également productrice, a donné son opinion sur l’inégalité de salaires entre les acteurs et les actrices à Hollywood. «J’ai été élevée par une actrice. J’ai beaucoup entendu parler de cette problématique. La différence de salaires en raison du genre existe dans de nombreuses professions, ce n’est pas spécifique au monde des acteurs. Aujourd’hui, aux Etats-Unis, on insiste comme jamais sur le fait que les femmes doivent être respectées. J’ai eu le privilège d’écouter le Dalai Lama à New York. Quelqu’un lui avait demandé : qui vous a appris le plus? Et lui de répondre : Mao Ze Dong. J’ai trouvé ça extraordinaire de considérer que l’on apprend le plus de celui qui te brutalise. Plus les femmes rencontrent des défis comme l’égalité ou le respect, plus elles se font entendre.»


L’évolution de l’industrie cinématographique américaine, depuis les débuts de la comédienne dans les années 80, est à l’image de la politique, explique-t-elle. «Cela change tout le temps, sans pour autant évoluer. Cela fonctionne par cycles. J’ai grandi dans les années 70 et j’ai vu mes parents tourner avec des réalisateurs révolutionnaires et courageux. Puis, est arrivée la notion de blockbuster. Aujourd’hui, je vois l’émergence d’un nouveau monde, tout aussi courageux, du cinéma indépendant. C’est lié à la télévision câblée et cela offre une plus grande autonomie aux acteurs et aux réalisateurs. Une nouvelle génération de réalisateurs fait surface, à l’image de celle des années 70 et c’est formidable.»


Parmi ces jeunes réalisateurs, Rian Johnson, avec qui elle tourne actuellement le nouvel épisode de la saga “Star Wars”. «Comment dire non à un tel projet? Quand j’avais 7 ans, je jouais dans ma chambre avec un sabre laser. Cette fois on me demande de le faire devint des caméras! Et puis j’adore Rian Johnson et son film Looper.  Le talent du réalisateur prédomine toujours dans mes choix.»



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