Hommage. Jeff Goldblum : « J’ai été tellement chanceux »

Dimanche 4 septembre, le festival du cinéma américain de Deauville a rendu hommage à la star de Jurassic Park et Independence Day. Et en retour, Jeff Goldblum, 64 ans, a conquis les festivaliers grâce à son humour, son énergie communicative et son sens du spectacle.

 

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Spectaculaire, enthousiasmant et très drôle, la star de “La Mouche” et de “Jurassic Parc” a conquis le coeur des festivaliers et figurera sans doute dans les annales de cette 43e édition du festival du cinéma américain de Deauville.

Dès la conférence de presse, dimanche en début d’après midi, Jeff Goldblum a bousculé la routine du jeu des questions-réponses en proposant aux journalistes de jouer à un jeu avec lui. Un jeu en lien avec le cinéma, bien entendu.

 

Et le soir, lors de la cérémonie organisée en son honneur, il a reconduit l’expérience avec le public du CID, avant d’interpréter “Fernande”, de Georges Brassens. «La seule chanson française que je connaisse est une chanson cochonne…» a-t-il confié malicieusement.

Ironiquement ou non (le doute subsiste), il a salué le but du festival deauvillais en ces termes : «Quelle formidable idée que ce festival dédié au cinéma américain, ici, en France, où a été inventé le cinéma par les frères Lumière, s’est-il exclamé. Un festival français qui dit, wow j’aime les films américains, c’est véritablement quelque chose d’appréciable et une marque de générosité.»

 

Poussière

Venue en famille, avec sa femme et ses deux garçons de 2 ans et 4 mois, la star a brièvement évoqué son parcours. « J’ai été tellement chanceux. Je remercie mes bonnes étoiles tous les jours, car lorsque j’étais enfant, je mourrais d’envie de consacrer ma vie à faire semblant et à jouer des rôles. J’ai eu la chance de travailler avec tous ces réalisateurs et acteurs formidables. On ne peut pas être bon sans ces formidables personnes. J’ai eu la chance de jouer dans des bons films et d’autres qui ont été très agréables.» Soulignons qu’en conférence de presse lorsqu’interrogé sur le film de sa filmographie qu’il recommanderait plus particulièrement, sa réponse a été pour le moins surprenante : « Aucun, de toute façon, à la fin, tout cela ne deviendra que poussière.»

 

Malgré sa longue expérience dans le 7e Art, Jeff Globlum se considère toujours comme un «humble étudiant». « Mon prof, Sandy Meisner, m’a dit un jour que toute sa vie on s’améliorait et c’est ce que j’essaie de faire. J’ai même l’impression que je suis sur le point d’atteindre mon meilleur niveau.»

 

Mime

Il raconte qu’à 15 ans, dans sa ville natale de Pittsburgh, il suivait des cours de théâtre et de mime. Fan des “Enfants du Paradis”, de Marcel Carné, « je pensais que je viendrais en France étudier avec Etienne Decroux, qui a fait du mime une véritable religion. A la place, je venais à mes cours de Pittsburgh le visage maquillé de blanc, vêtu d’une chemise rayé et d’un justaucorps noir et portant des chaussons de danse pour pratiquer le mime devant les autres étudiants. A ma surprise, personne n’est venu me tabasser. Peut-être était-il sous le choc comme je l’étais devant cet art français.»


Son rapport avec la France s’est poursuivi plus tard, en découvrant, sur les conseils du réalisateur Paul Schrader, le film de Jean Renoir “La Règle du Jeu”. « Et j’ai même tourné cinq films en France : “Beyond Therapy” (1987) de Robert Altman, “Dream of the Mad Monkey” (1990) de Fernando Trueba, Mister Frost (1990) de Philippe Setbon, The Favour, the watch and the very big fish” (1991) de Ben Lewin et il y’a trois ans, j’ai tourné dans “Le Week-end” de Roger Michell que j’aime beaucoup.»

Il a également confié que sa femme, Emilie Livingston, est venue à Paris, il y a un an et demi pour doubler Rihanna dans le dernier film de Luc Besson, “Valérian”. « Bref, tout cela pour vous dire qu’avec ma femme, nous aimons la France et les Français du fond du coeur.» Sentiment parfaitement réciproque, tout au moins à Deauville.

 

Les mots d’Emmanuelle Devos

 

« Cher Jeff,

depuis vos débuts dans les années 70 aux côtés de Robert Altman, Philip Kaufman ou dans le grand “Annie Hall” de Woody Allen, jusqu’à votre explosion dans le jouissif “Les Copains d’abord” de Lawrence Kasdan, vous semblez transcender vos rôles et y trouver un plaisir intact. La science fiction vous va très bien et pourtant vous êtes un homme bien réel.

Dans Independence Day, vous incarnez l’attachant David Levinson, scientifique excentrique avec ce zeste de folie qui vous caractérise. Dans Jurassic Park, vous nous séduisez en mathématicien charmeur et dans La mouche de Cronenberg qui vous offre un rôle vibrionnant, vous incarnez le genre repoussant les limites jusqu’à cette cruelle transformation en gigantesque insecte volant.

Votre charme fantasque que nous retrouvons dans les personnages de Wes Anderson et le plaisir que vous prenez, tel que j’ai vu ce matin à l’hôtel Normandy, à jouer du piano dans votre groupe de jazz, semblent vous définir comme l’incarnation d’une vitalité sans limite que nous aimerions tous partager.

Pour nous, vous regarder est une chance, un cadeau, un délice. »



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