Solène Rigot, comédienne et membre du jury courts-métrages : « Ce festival mêle un côté très chic et convivial »

Originaire de Rosny-sous-Bois, Solène Rigot, comédienne de 25 ans, était membre du jury des courts-métrages au 31e Festival du film romantique de Cabourg.

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Avez-vous des liens avec Cabourg, le pays d’Auge, des adresses ?
Non. Plutôt la Mayenne, j’ai fait un tournage là-bas, mais ce n’est pas la Normandie. J’aime beaucoup la Normandie, y passer des vacances. J’ai beaucoup d’amis qui viennent de là-bas.

Dans quel coin allez-vous ?
Dans le Cotentin, c’est beau !

Où dans le Cotentin ?
Vers Omonville, Flamanville…

C’est donc votre première fois à Cabourg et au festival. Quelles impressions par rapport à d’autres festivals auxquels vous avez pu participer ?
C’est assez convivial. Ça mêle un côté très chic et convivial en même temps, parce qu’il y a toutes les cérémonies. Cela reste familial.

Sur le tapis rouge de Cabourg avec les membres du jury des courts-métrages.
Sur le tapis rouge de Cabourg avec les membres du jury des courts-métrages.

Le contact avec le public est-il plus facile ici qu’à Cannes par exemple ?
Là je suis en tant que jury, je ne présente pas de film, donc il n’y a pas d’échange dans les salles.

On ne vous alpague pas à la sortie ?
Si, c’est marrant, les chasseurs d’autographes.

Et le grand public ?
Je ne suis pas très connue ! Certains oui et ça fait plaisir. Une ou deux personnes de temps en temps.

Solène Rigot sur la terrasse du Grand hôtel de Cabourg. ©Dominique Saint
Solène Rigot sur la terrasse du Grand hôtel de Cabourg. ©Dominique Saint

Parlons de votre formation. J’ai lu que vous aviez fait une école de cirque…
Oui mais ce n’était pas en formation étudiante. J’étais aux jeunes confirmés de l’École nationale des arts du cirque de Rosny-sous-Bois. Dès l’âge de 18 ans, j’ai passé quatre ans là-bas. C’était une activité approfondie. Il y en a plein qui sont partis dans de grandes écoles de cirque. Moi ça m’a permis de partir dans la grande école du cinéma !

Au départ, vous vouliez faire du cirque professionnellement ?
Non, ça me plaisait beaucoup. Il fallait beaucoup de travail. Comme domaine artistique ça me tentait oui mais à cet âge-là tu es un peu perdue quand même…

Vous aviez une spécialité ?
Le vélo acrobatique et les équilibres ! Des fois, je m’entraîne, mais on perd vite ! La mémoire du corps est là mais la mémoire des exercices, il faut la retravailler.

J’ai vu que vous aviez appris l’accordéon, le piano et le synthétiseur et que vous jouez dans un groupe…
Je jouais dans un groupe qui s’est arrêté cet été. Je faisais des chœurs. On avait joué au festival Ici et Demain, un festival de jeunes talents à Paris. On avait été lauréats de ce festival. On avait fait pas mal de scènes à Paris, notamment la Flèche d’or et on avait fait la première partie des Shoes l’année dernière à Bordeaux et à Toulouse.

Quel genre de musique jouiez-vous ?
Pop rock. L’accordéon était beaucoup utilisé comme un synthé. Les gens sortaient des concerts et disaient qu’on avait renoué le lien avec l’accordéon, un instrument un peu mal vu. Beaucoup de gens ont des réticences. Ils voient le bal musette. Il y en a pas mal qui connaissent le tango argentin.

C’est un instrument difficile à maîtriser, j’imagine ?
Oui car tu dois manier les mélodies, le rythme avec les deux mains, le soufflet aussi. Après je n’ai pas le talent d’un accordéoniste reconnu.

Vos parents font quel métier?
Mon père est ingénieur et ma mère est psy.

Audrey Bastien et Solène Rigot à Cabourg. ©Dominique Saint
Audrey Bastien et Solène Rigot à Cabourg. ©Dominique Saint

Votre premier grand rôle, c’était « Puppy Love » de Delphine Lehéricey, avec Audrey Bastien qui est à Cabourg également. C’était vos retrouvailles, car vous aviez joué ensemble avant…

Oui dans la série « Xanadu », dans « Puppy Love » et dans un court-métrage aussi. On a joué des cousines, des amoureuses et des sœurs. Enfin des amoureuses, de très bonnes copines !

Dans « Puppy Love » c’est…
Ambigu !

C’est cela. Comment définiriez-vous l’actrice Audrey Bastien ?
Il y a une complémentarité que j’aime beaucoup. Elle a un côté hyper lunaire et les gens me disent que je suis plus terre à terre. Elle peut interpréter plein de choses, avec sa voix, cette douceur et en même temps, elle est frondeuse. Ça se voit dans ses yeux. Mais sa voix casse ce côté-là, c’est génial !

Dans vos films vous prenez des risques aussi.
Je n’ai pas de formation, c’est mêlé à des choses de mon caractère. Mais chaque personnage ne me ressemble pas forcément. Disons qu’il y a un fond de tout partout mais c’est moi qui le mets.

Dans « Puppy Love », vous osez beaucoup de choses…
C’est un rôle très frondeur mais je n’ai pas eu une adolescence comme ça. Mais c’est intéressant de la revivre comme ça.

Ce rôle ne vous a pas fait peur ?
Ah si ! D’ailleurs, au début, je l’avais refusé ce film. Je ne voulais pas rencontrer Delphine (Lehéricey, la réalisatrice, NDLR) ni faire le casting, ça me faisait trop peur. Et puis un an après, Audrey m’a dit qu’elle le faisait, alors j’ai accepté de rencontrer la réalisatrice et il y a eu un gros coup de foudre avec elle. C’est toujours bien d’aller affronter ses peurs.

Parlons d’un film très émouvant et réussi : « Tonnerre » de Guillaume Brac avec Vincent Macaigne. En plus, vous jouez une journaliste locale…
De l’Yonne républicaine !

Quelle place occupe ce film dans votre vie. Vous a-t-il ouvert des portes ?
Oui, car c’était mon premier rôle de jeune femme de mon âge. C’était une sorte de cap. Travailler avec Guillaume (Brac) était hyperintéressant. C’est un metteur en scène qui a son univers. Il m’a emmenée vers des choses que je n’avais jamais envisagées, sur la manière de jouer, de poser les mots, d’aller chercher autre chose. De réaliser un vrai travail plutôt que de proposer quelque chose d’instinctif.

https://www.youtube.com/watch?v=HzXi8v55Dpo

Dans “Orphelines”, d’Arnaud des Pallières, vous jouez cette fois une ado de 13 ans. Cela a dû être un challenge ?
Oui c’était bizarre car il y avait des choses à jouer sur le côté 13 ans, avec des regards, des choses très spécifiques. Et en même temps c’est le rôle le plus glamour, le plus féminin, le plus sensuel que j’ai pu faire. C’est assez contradictoire, mais c’est pour ça que c’était génial comme travail.

Et vous partagiez l’affiche avec Adèle Haenel et Adèle Exarchopoulos…
C’était trop cool parce que j’adore leur carrière et leurs choix.

Le film est bien reçu partout où il passe.
Oui, c’est un film dur, très particulier. Arnaud dit qu’il est très sensible et que c’est un des films les plus sensibles qu’il ait pu faire. Il respecte le spectateur parce qu’il veut lui donner toutes les clés du film et en même temps c’est une sorte de boule, c’est lourd comme histoire. C’est aussi intéressant de voir des films qui te font réfléchir, qui vont te heurter et te faire grandir.

Vous avez deux films à venir : « Baobab » et « Les Filles de Reims ».
« Baobab » est encore en cours de financement. C’est un film belge, premier film belge de science-fiction, très dur à monter. Il demande beaucoup de moyens.

Quel rôle jouez-vous ?
On est un couple dans un monde imaginaire qui doit s’enfuir et fait un road-trip. J’ai très envie qu’il se fasse ! Il y a pas mal d’effets spéciaux. C’est un film de genre.

Et “Les Filles de Reims”, de quoi s’agit-il ?
C’est tourné. C’est l’histoire de la première école de foot féminine. Histoire vraie en 70. Je joue la goal.

Vous vous êtes entraînée pour ça ?
Oui, on a fait quatre mois d’entraînement avec les filles. On avait une coach, Aurélie Ménard qui était dans l’équipe de France. Elle est géniale. Elle nous a tout appris. Il n’y a pas encore de date de sortie. Je vais bientôt le voir dans le cadre d’une projo pour l’équipe.

Festival du film romantique oblige. Quel est le film romantique par excellence dans votre filmographie ?
« Tonnerre ».

Et le film romantique que vous préférez ?
Il y en a certainement d’autres mais j’ai envie de dire «Blue Valentine» (de Derek Cianfrance avec Ryan Gosling et Michelle Williams, 2010, NDLR). Il me fait pleurer à chaque fois que je le vois.



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