Compétition. “Goat” : Un regard sans concession sur une réalité qui dérange

 

Le réalisateur de "Goat", Andrew Neel.
Le réalisateur de "Goat", Andrew Neel.

 

Cinquième film présenté en compétition, “Goat” d’Andrew Neel est un film choc, moins par la forme de sa mise en scène que par l’histoire dérangeante à souhait qu’il raconte. L’intrigue tourne autour de Brad, un adolescent victime d’une violente agression, gratuite et traumatisante, après une soirée entre amis. Lorsqu’il rentre à l’université, il décide de rejoindre la confrérie à laquelle appartient son grand frère dont il est très proche. Seulement, avant d’être accepté, il doit subir avec d’autres une série d’épreuves particulièrement humiliantes, voire dangereuses.

 

Le thème du bizutage n’est pas neuf au cinéma, mais rarement le spectateur a-t-il l’occasion de ressentir aussi fortement le malaise qu’il suscite. Plusieurs spectateurs sont sortis de la salle (le film était présenté le matin). Montrer pour dénoncer. Les scénaristes (dont David Gordon Green, le réalisateur de “Joe” présenté en 2014 à Deauville) et le réalisateur ont l’intelligence de ne pas nous assommer d’un discours moralisateur. Ils plongent le spectateur au coeur des faits, générant naturellement en nous dégoût et rejet. L’efficacité est optimale, d’autant plus que l’intrigue est basée sur des faits réels racontés dans une autobiographie. Si le film ne restera pas dans les annales pour ses qualités cinématographiques, il présente un intérêt documentaire et politique indiscutable.

 



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