Hommage à Stanley Tucci : “J’aime venir à ce festival”

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Comédien et réalisateur new-yorkais, Stanley Tucci, 56 ans, a reçu un hommage de la part du festival du cinéma américain de Deauville, samedi 3 septembre.

 

Vous avez démarré dans “L’honneur des Prizzi” de John Huston et depuis vous avez enchaîné avec une grande diversité de rôles. Etait-ce votre ambition?

J’étais figurant dans ce film, mais c’était intéressant d’observer le processus. On espère tous une carrière éclectique. La partie la plus dure du show business, ce sont les hauts et les bas. La diversité est toujours intéressante.

 

La diversité passe aussi par le fait que vous réalisez, vous écrivez des scénarios, en plus d’être acteur…

Oui, je viens d’ailleurs de réaliser un nouveau film. Cela fait dix ans que je n’en avais pas réalisé. Cela me manquait. J’aime ça, car cela implique chaque partie de soi, alors que lorsqu’on est acteur, seule une partie de soi est mobilisée et pour une très courte période. Le reste du temps, on attend que quelqu’un nous dise qu’on peut aller travailler. C’est assez frustrant de devoir attendre dans sa loge. Quand on réalise, c’est très stimulant.

 

Vous avez publié un livre de cuisine. Quelle est votre plus grande passion : jouer la comédie, réaliser ou faire la cuisine?

J’aime cuisiner. Il y a des chose que je cuisine très bien, d’autres non. Je suis passionné par tout, mais j’aime l’idée de passer de l’un à l’autre. Le fait de ne faire qu’une seule chose, cela finirait par m’ennuyer.

 

Vous avez montré que vous saviez sortir de votre zone de confort. Aimeriez-vous réaliser des pièces de théâtre?

J’ai réalisé une pièce il y sept ans à Broadway et j’ai joué de nombreuses fois au théâtre à Broadway et en dehors de New York. Mais je ne l’ai pas fait depuis plusieurs années. Les enfants étaient petits. Aujourd’hui je vis à Londres, j’ai bien envie de le refaire. J’aime ça, même si on ne peut pas passer beaucoup de temps avec sa famille quand on joue au théâtre. En ce sens, c’est plus facile de faire du cinéma.

 

Vous faites beaucoup de transformations physiques à l’écran. Est-ce votre méthode de jeu?

Cela dépend du personnage. Parfois l’aspect extérieur aide à trouver l’aspect intérieur du personnage. Parfois, une moustache, des dents ou des cheveux peuvent aider. Dans mon cas, les cheveux aident. D’ailleurs je vous demanderai les vôtres tout à l’heure (sourire). Un accent peut aider à trouver quelque chose. Parfois, il n’y a besoin de rien. Tout est dans le texte et dans les émotions portées par les mots. Peu importe le rôle, il faut toujours être fidèle à l’histoire du film et à son esthétique. Créer un personnage doit entrer dans le cadre de cette esthétique. Le fait de se transformer juste pour ne pas ressembler à ce qu’on a déjà fait, peut se retourner contre soi car on n’est pas dans la vérité.

 

Parlez-nous de la série télé dans laquelle vous allez jouer avec Richard Murphy.

Oui, je vais jouer le personnage de Jack Warner, le célèbre producteur des studios Warner. Cela se déroule au moment de la querelle entre Bette Davis et Joan Crawford sur le tournage de “Qu’est-il arrivé à Baby Jane?”. Jack Warner qui n’était pas très sympathique, a exacerbé la haine entre ces deux actrices. Il savait que plus elle se haïrait, meilleur serait le film. Et puis, en termes de communication, cette querelle servirait les intérêts du film.

 

Quel est votre sentiment de savoir qu’une cabine porte votre nom à Deauville?

Je suis très excité! J’aimerais pouvoir nager, je ne peux pas. Ce serait très sympa de pouvoir me changer dans une de ces cabines. Quand on voit des noms comme Burt Lancaster, c’est enthousiasmant. J’aime venir à ce festival, c’est ma quatrième fois. Je n’ignore pas les contexte est difficile. De voir les soldats patrouiller dans les rues, c’est inhabituel. J’espère que cela ne durera pas trop longtemps.

 

Parlez-nous de vos projets?

Je vais jouer dans la série TV de Ryan Murphy et dans “Transformers 5″ de Michael Bay qui, j’ai vu, a aussi une cabine ici à Deauville. Ili ne la mérite pas (sourire). Avec un peu de chance, un film avec Emma Thompson. Je viens de terminer un film que j’ai réalise sur Alberto Giacometti, avec Geoffrey Rush, Armie Hammer, Sylvie Testud, Clémence Poesy… Il reste à mixer le son et composer la musique. Cela devrait sortir l’année prochaine.

 

 

Hommage à Stanley Tucci par Frédéric Mitterrand

 

L’ancien ministre et président du jury a rendu hommage au comédien, en anglais, s’excusant par avance de son accent français.

“Je ne peux pas compter les récompenses, Emmy Awards, Golden Globes, et autres nominations d’autres pays qui honorent votre carrière, cher Stanley. Vous avez joué dans plus d’une cinquantaine de films, à la fois des gentils et des bad guys. Mais à chaque fois, vous nous les faites aimer, grâce à l’humanité profonde que vous leur apportez et qui vous est propre.

(…) Vous êtes également un grand réalisateur reconnu. Vous avez joué au théâtre à Broadway et pour la télévision. Je me souviens notamment de “Life and Death of Peter Sellers”.

Je prendrai trois exemples de votre filmographie : “Le Diable s’habille en Prada” : j’ai eu l’occasion de rencontrer de nombreux professionnels de la mode et votre interprétation dans le film est particulièrement fidèle à la réalité. “Margin Call” raconte ce qui s’est réellement passé à Wall Street, tandis que “Spotlight” retrace brillamment l’enquête sur les prêtre pédophiles du Boston Globe. Vous êtes l’incarnation du talent et de la qualité de ces films.

Vous avez également écrit deux livres de cuisine dont un avec votre épouse, Felicity.

Je finirai en vous citant : “je n’ai pas fait la moitié de ce que je veux faire”. Nous attendons avec impatience, la seconde partie!”



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