Compétition : “Captain Fantastic”, premier coup de coeur du festival

Cliquez sur l'image pour l'agrandir

A l’issue de la projection publique, samedi 3 septembre, une grande partie de la salle du CID a chaleureusement applaudi le réalisateur Matt Ross. Son film, “Captain Fantastic”, le premier présenté dans la section compétition est extrêmement séduisant autant dans la forme (superbe photographie et bande son, notamment) que dans le fond (très audacieux dans une Amérique puritaine). Il a toutes les chances de figurer au palmarès, samedi prochain.

L’intrigue évoque celle de Tarzan et est surtout prétexte à porter un regard critique (négatif mais aussi positif) sur la société américaine d’aujourd’hui. Viggo Mortensen, le fameux interprète d’Aragorn du “Seigneur des Anneaux”, joue Ben, un père de famille vivant avec ses sept enfants dans une forêt sauvage, à la frontière du Canada. Les enfants, âgés de 6 à 16 ans, sont formés au quotidien à la chasse à l’arme blanche et de façon générale à l’ait de la survie dans un milieu sauvage. Ben s’occupe aussi de leur éducation essentiellement par le biais de la lecture, formatant au passage leurs idées politiques. Intellectuellement brillants, en excellente condition physique et doués pour la musique, les enfants semblent ne manquer de rien. Sauf leur mère, malade mentale, hospitalisée. Lorsqu’elle met fin à ses jours, Ben et les enfants entreprennent un “road trip” pour la voir une dernière fois avant d’exaucer sa dernière volonté : être incinérée dans une ambiance de joie, avec de la musique et de la danse. Leur confrontation à la société se révélera particulièrement brutale.

Matt Ross, également connu comme acteur, notamment dans “Good Night and Good Luck” de George Clooney ou dans “Aviator” de Martin Scorsese est clairement critique à l’égard du fonctionnement capitaliste de la société américaine. Mais, son film, loin d’être un pamphlet, se veut nuancé, poussant le spectateur à s’interroger, voire à se remettre en cause, face à des thèmes aussi universels que la liberté, l’éducation, la religion, le mensonge, la sexualité et surtout les limites de nos sociétés démocratiques capitalistes. “C’était une belle erreur, mais une erreur”, finit par reconnaître le personnage de Ben à ses enfants. On a envie de lui répondre “Pas complètement”, avec ce fort sentiment de reconnaissance de nous avoir ouvert les yeux.



Laisser un commentaire

Captcha en cours de génération.....Version audio
Changer l'image