“Star Wars – The Force Awakens” : Deux révélations qui ne suffisent pas à avaler la déception

 

"Star Wars - The Force Awakens, de JJ Abrams. Avec Daisy Ridley, Harrison Ford, John Boyega, Oscar Isaac, Carrie Fisher, Mark Hamill.
"Star Wars - The Force Awakens, de JJ Abrams. Avec Daisy Ridley, Harrison Ford, John Boyega, Oscar Isaac, Carrie Fisher, Mark Hamill.

Mieux que la saga originale, disent certains? Certainement pas! Mais, “Star Wars – The Force Awakens” a le mérite de nous faire oublier la trilogie “Phantom Menace”, “Attack of the Clones” et “Revenge of the Siths” qui avait tant irrité les fans de la première heure dont je fais partie.

 

L’un des handicaps du film de JJ Abrams, c’est qu’il n’est pas à la hauteur de sa bande annonce.

 

Composée avec un sens aigu de la montée en puissance émotionnelle, chacune de ses visions provoque la chair de poule. On ne pouvait qu’ espérer ressentir le même frisson de plaisir devant le long-métrage final de 2 h 16. Malheureusement, ce n’est pas le cas.

 

La faute revient, peut-être, d’abord, à un scénario beaucoup trop calqué sur ses modèles.

Le robot livré à lui même sur une terre désertique qui trouve refuge auprès de la protagoniste, déjà vu! Au début de “A New Hope”, C3PO et R2D2 échappent à l’empire et font la rencontre de Luke Skywalker dans le désert de Tatooine. Cette fois-ci, c’est le robot BB8, fuyant le Premier Ordre, qui est recueilli par Rey, sur la planète désertique Jakku. BB8 comme R2D2, sont porteurs d’un document essentiel mais pas immédiatement compréhensible que convoitent les méchants (le message de la princesse Leia à Obi Wan Kenobi dans le film original et, dans le nouveau, c’est une carte censée conduire jusqu’à Luke Skywalker qui au début du film a mystérieusement disparu aux confins de la galaxie). On notera au passage que Luke, chez JJ Abrams, présente la même apparence physique et vestimentaire qu’Obit Wan.

 

star wars kylo ren

 

Citons, tout le passage autour de la mission de sauvetage de Rey prisonnière sur la nouvelle Etoile Noire. On croirait un remake de l’originale, quarante ans plus tôt, lorsque Luke, Han et Chewie entreprennent de secourir Leia. Les scénaristes n’hésitent pas à rejouer le face à face mythique entre Luke et Darth Vader dans LE chef d’œuvre de la saga, “The Empire Strikes Back”.  La nouvelle version de la scène est non seulement invraisemblable, elle est aussi très mal jouée!

 

Et que dire du schéma final identique à celui du film précédent? Dans l’épisode VI “Return of the Jedi”, Han, Chewie et Leia ont pour mission de désactiver le bouclier protecteur de l’étoile noire, installé sur la planète Endor. Ils sont aidés dans cette tâche par les Ewoks, on s’en souvient… (soupir). Eh bien, dans l’épisode VII “The Force Awakens”, c’est exactement la même mission qui est confiée à nos héros. Coup sur coup, même à trente ans de décalage, c’est un peu se foutre de la gueule du monde, non? Et puis, dans cette partie finale, tout va très vite, trop vite pour que l’on ait le temps d’être réellement impliqué avec les personnages. On reste à la porte, simple observateur, froidement détaché, voire indifférent à ce qui se passe sous nos yeux.

 

Pour continuer sur le coup de gueule, quelle est l’intérêt de confier à Gwendoline Christie, l’excellente interprète de Brienne of Tarth de la série culte “Game of Thrones”, un rôle aussi tarte? Quant au pauvre Oscar Isaac, l’acteur remarquable de “Inside Llewyn Davis” et “Ex Machina”, le film démarre avec lui, puis lui fait subir un numéro de volatilisation-réapparition parfaitement artificiel et préjudiciable, vu qu’aucune consistance ne lui est par la suite accordée.

 

Star Wars 3

 

Carrie Fisher, Max Von Sidow, Mark Hamill sont au générique mais, à l’écran, leur temps de présence est anecdotique.

Du côté des méchants, patatra! Darth Vader junior (Kylo Ren), interprété par Adam Driver (de la série “Girls”), agace autant qu’un sale gosse capricieux et hystérique. Les généraux du Premier Orde sombrent dans la caricature. Quant au grand méchant censé les gouverner tous, il se résume en un hologramme… de Voldemort! Star Wars qui cherche l’inspiration chez Harry Potter, on aura décidément tout vu.

 

star wars 2

 

Alors pour ne pas voir le vase qu’à moitié vide, on applaudit chaleureusement le choix d’une jeune inconnue anglaise, fascinante de charisme et d’aisance à l’écran pour interpréter l’héroïne, Rey. Daisy Ridley l’une des deux révélations majeures du film. Elle n’est pas sans rappeler Keira Knightley, la fraicheur en plus. Son duo avec le jeune comédien britannique John Boyega fonctionne plutôt bien dans la première partie du film. L’humour domine leur relation naissante.

Malheureusement, dans la seconde partie, elle finit par s’engluer dans les clichés et l’artificiel, dès lors qu’une pseudo relation romantique pointe son nez et que l’intrigue se prend trop au sérieux.

 

Bien plus que John Boyega, donc, la seconde révélation remarquable du film s’appelle BB8, un mélange de R2D2 et de Wall-E. Comme pour le petit robot de Pixar, on craque devant cette boule de ferraille d’une intense sensibilité et expressivité. Saluons le travail admirable de la mise en scène pour parvenir à un tel miracle sur l’écran.

Le travail photographique est tout aussi impressionnant, avec des paysages extraordinairement esthétiques et des décors qui, au moins dans la première partie sur Jakku, servent fort bien les scènes d’action, et notamment celles de poursuites entre vaisseaux spatiaux.

 

Et puis, on ne peut que se réjouir de la place donnée à Harrison Ford dans le rôle de Han Solo. Bien plus à l’aise dans son rôle de héros vieillissant que dans le dernier Indiana Jones, l’acteur est manifestement heureux d’être là et son plaisir est communicatif. Quel dommage, dans ces conditions, d’avoir gâché sa sortie de scène.

 

star wars 3



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