Valley of love : Road movie mystique sous un soleil de plomb

 

"Valley of love", de Guillaume Nicloux. Avec Isabelle Huppert et Gérard Depardieu.
"Valley of love", de Guillaume Nicloux. Avec Isabelle Huppert et Gérard Depardieu.

Valley of Love, la vallée de l’amour. Le nouveau long-métrage de Guillaume Nicloux (”Le Poulpe”, “La Religieuse”) parle avant tout d’amour perdu.

 

L’amour d’un enfant qui n’est plus, l’amour passé d’un couple amené à passer une semaine ensemble au coeur de la Vallée de la Mort, dans l’Ouest américain. L’enfant qui n’est plus s’appelle Mickaël ou, dans la bouche de son père, Michael (à l’anglaise). Omniprésent, on ne le voit pourtant jamais. C’est lui qui déclenche l’intrigue que le spectateur est amené à découvrir petit à petit. C’est le premier mérite du film : prendre le temps de dire les choses, sans tomber dans le pathos. Le film s’apparente à un road movie dont le rythme est comme imposé par le cadre naturel vertigineux et ce soleil de plomb qui écrase tout, y compris un géant du 7e Art comme Gérard Depardieu.

 

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Obèse, dégoulinant de transpiration, le souffle court, le comédien souffre physiquement à l’écran et on a mal pour lui. Le réalisateur filme cette souffrance pour mieux dissimuler la frontière entre la fiction et la réalité, entre Depardieu, le monstre sacré du cinéma et Gérard, le père endeuillé (le fantôme de Guillaume Depardieu plane sur ce film).

 

Gérard est acteur de cinéma et il retrouve Isabelle, actrice de cinéma, interprétée par Isabelle Huppert. iIs interprètent les parents divorcés de Mickaël qui se retrouvent après de nombreuses années.

Il y a trente ans, Depardieu et Huppert formaient un couple devant la caméra de Maurice Pialat (”Loulou”). Sylvie Pialat, l’épouse du réalisateur décédé en 2003, produit “Valley of Love”.

 

A l’écran, le réalisateur joue avec l’aura de ses deux interprètes. «Lequel de vous deux est le plus célèbre chez vous en France?», demande une touriste américaine à Isabelle. Gérard est interpellé, de son côté, par un homme qui lui demande un autographe tout en admettant qu’il est incapable de dire son nom. La dédicace qu’il lui adresse en retour ne manque pas de faire sourire.

 

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Sylvie Pialat, la productrice de "Valley of love", lors de la présentation au festival du film de Cabourg le 13 juin.
Sylvie Pialat, la productrice de "Valley of love", lors de la présentation au festival du film de Cabourg le 13 juin.

L’humour passe essentiellement par Depardieu et ses répliques cinglantes, terre à terre, décalées ou parfumées d’autodérision (notamment au regard de ses penchants pour l’alcool ou de son énorme ventre).

Le personnage d’Isabelle en dit moins sur Huppert que Gérard sur Depardieu, mais il embrasse la dimension mystique de l’intrigue, amplifiée par la musique de Charles Ives.

S’il abuse du mot “Putain”, Gérard Depardieu se montre attendrissant de sincérité, notamment lorsqu’il révèle son secret à Isabelle ou dans son échange avec la jeune femme handicapée qui lui apparaît comme dans un rêve.

Isabelle Huppert parvient à nous arracher quelques larmes (la lecture de la lettre de Michaël). En revanche, elle ne sonne pas aussi juste lorsqu’elle joue l’hystérie. Mais, c’est bien le plaisir de voir ces deux grands comédiens réunis à l’écran qui fait l’attrait essentiel de “Valley of Love”.



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