White Bird : A voir pour Shailene Woodley, l’actrice qui monte

 

"White Bird in a blizzard", de Gregg Araki. Avec Shailene Woodley, Eva Green, Christopher Meloni. Sortie en salles le 15 octobre.
"White Bird in a blizzard", de Gregg Araki. Avec Shailene Woodley, Eva Green, Christopher Meloni. Sortie en salles le 15 octobre.

Elle rappelle un peu notre géniale actrice française, Anaïs Demoustier. Physiquement et artistiquement. Son nom : Shailene Woodley.

On l’a découverte en 2011, aux côtés de George Clooney qui jouait son père dans le beau film d’Alexander Payne, “The Descendants”. Depuis, elle est réclamée par tout Hollywood, promise à la même notoriété que Jennifer Lawrence, à travers des franchises aux budgets gargantuesques (Hunger Games et X-Men pour Lawrence, “Divergence” pour Woodley).

 

Mais les deux comédiennes n’oublient pas pour autant le cinéma indépendant. “White Bird” de Gregg Araki est incontestablement un pari osé, même s’il bénéficie d’une bonne côte auprès de la critique internationale depuis son film-phénomène, Mysterious Skin (qui avait révélé au grand public un certain Joseph Gordon-Levitt).

 

Shailene Woodley et Christopher Meloni.
Shailene Woodley et Christopher Meloni.

Shailene Woodley interprète Katty Connors, dite Kat, ado excentrique partagée entre un père léthargique et une mère absente. Plus précisément sa mère a disparu, du jour au lendemain, sans laisser de traces. Kat n’en fait pas cas puisqu’elle ne s’entendait pas avec. Sur fond d’intrigue policière (le mystère de la disparition), Araki dresse le portrait doux amer d’une ado livrée à elle-même qui devient femme tandis qu’elle remet en question ses certitudes et la réalité du monde qui l’entoure. Le propos n’est pas neuf, mais le traitement est frais, souvent caustique, s’appuyant sur des répliques savoureuses et, même, par moments, excitant.

 

L’actrice se montre parfaitement à l’aise, en toutes circonstances, y compris dans les scènes sexuelles, traitées sans voyeurisme et avec une juste distance. La scène où elle drague le flic qui, lui, a compris son jeu, restera incontestablement dans les annales : à la fois troublante, inquiétante et d’une sensualité folle, elle est tout simplement géniale.

 

Dommage que tout le film ne soit pas au même niveau d’excellence. Deux défauts majeurs peuvent être reprochés : le jeu bien trop appuyé d’Eva Green dans le rôle de la mère mal dans sa peau. Elle en fait des tonnes – et ces grimaces! On frôle l’indigestion! Et puis, la fin! Pourquoi ne pas avoir conclu avec la scène des adieux à l’aéroport?

 

Quelle idée de précipiter, voire de bâcler, un dénouement en apportant toutes les réponses qui par ailleurs sont prévisibles et donc forcément décevantes. En renonçant à une fin ouverte aux interprétations et au débat, Araki s’est fait… hara-kiri.

 



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