Whiplash : Hymne ampoulé au dépassement de soi

 

"Whiplash" de Damien Chazelle. Avec Miles Teller, JK Simmons. En salles le 24 décembre.
"Whiplash" de Damien Chazelle. Avec Miles Teller, JK Simmons, Melissa Benoist. En salles le 24 décembre.

Alors le voici le grand prix de cette 40e édition du festival du cinéma américain de Deauville. Déjà encensé à Sundance, en janvier dernier, où il avait également raflé le grand prix, “Whiplash” de Damien Chazelle attirait toute l’attention.

 

Et malheureusement, à sa vision, c’est la déception qui prévaut. Le sujet n’était pas évident : raconter la naissance d’un “génie” de la batterie dans la douleur et le dépassement de soi. Il n’y a sans doute rien de moins cinématographique qu’une batterie.

 

Alors, saluons d’entrée le courage et les efforts du jeune réalisateur qui a relevé, avec passion, le défi de placer cet instrument encombrant au coeur d’un enjeu humain, mille fois traité au cinéma, généralement sous l’angle sportif (Rocky, The Wrestler, Black Swan, etc.) : l’affirmation de soi à travers l’effort, voire la souffrance physique ou morale.

 

En l’espèce, on suit le parcours d’Andrew, 19 ans, tout juste arrivé au conservatoire de Manhattan. Il rêve de devenir l’un des meilleurs batteurs de jazz de sa génération et réussit à intégrer le plus prestigieux des orchestres, celui de Terrence Fletcher, un professeur tyrannique. Le jeune comédien (Miles Teller) est incontestablement très doué à la batterie.

 

 

Miles Teller prouve qu'il est un excellent batteur.
Miles Teller prouve qu'il est un excellent batteur.

 

Mais, le film aurait pu, aurait dû creuser sa dramaturgie pour apporter un supplément d’âme et de chair à ses personnages – les prémisses de l’histoire sentimentale avec Nicole (Melissa Benoist, vue dans la série “Glee”) laissaient espérer une intrigue parallèle intéressante, pourquoi la saborder?

Il se contente de filmer deux adversaires bataillant sur un ring pendant une heure quarante cinq.

 

D’un côté Miles Teller, impressionnant avec ses baguettes mais relativement terne dans son jeu d’acteur. De l’autre J.K Simmons (vu dans “Spiderman”), en roue libre et insupportable dans le costume d’un homme outrancier et violent filmé avec une complaisance dérangeante. Sa diarrhée verbale d’insultes racistes, sexistes ou basées sur le physique, éminemment contestables a suscité des éclats de rire dans la salle de projection… consternant!

 

Encore que. Le film est construit de façon tellement téléguidée (pour ne pas dire ampoulée) que le public n’a d’autre choix que de se laisser mené par le bout du nez. C’est un peu comme dans ces enregistrement d’émissions télévisées où le public applaudit à chaque fois que le chauffeur de la salle soulève son panneau “Applause”. A l’origine de ce film, se trouve un court-métrage du même réalisateur. Sans doute aurait-il mieux fait d’en rester là.



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