Ana Lily Amirpour, Sheila Wand, Arash Marandi à Deauville : “C’est un conte de fée iranien”

 

Sheila Vand et Arash Marandi, à Deauville.
Sheila Vand et Arash Marandi, à Deauville.

Entretien avec Ana Lily Amirpour, la réalisatrice de “A Girl walks home alone at night”, ainsi que les deux comédiens, Sheila Vand et Arash Marandi. Ce premier long-métrage était le premier film de la compétition présenté à la 40e édition du festival du film américain de Deauville, samedi.

 

 

Votre film a-t-il vocation à montrer l’Iran d’aujourd’hui?

Ana Lily Amirpour (ALA) : J’ai fait ce film pour que je puisse trouver mon âme soeur. Je me dis que quelqu’un va le voir et tomber amoureux de moi… C’est un conte de fées iranien. Je suis née en Angleterre, j’ai grandi et je vis aux Etats-Unis, mais je suis d’origine iranienne. C’est comme une soupe. C’est aussi un rêve. Un film n’a pas besoin d’être fidèle à quoi que ce soit, si ce n’est à son rêve. On peut voir beaucoup de choses étranges dans un rêve…

 

 

Le film dépeint un Iran inquiétant où la jeunesse passe son temps à se droguer, à se prostituer…

ALA : Je suis certaine que la drogue et la prostitution existent partout et pas seulement en Iran.

 

 

Vous multipliez les références au cinéma américain, pourquoi?

ALA : J’adore les films et j’adore aimer les films. Faire un film, c’est une grande opportunité de faire quelque chose que l’on aime obsessivement! Cela ne s’arrête pas au cinéma, je pense à la danse, à la musique, à James Dean, aux vampires, à la 57 T Bird…

 

 

Sheila Vand dans la salle du CID de Deauville.
Sheila Vand dans la salle du CID de Deauville.

 

Parlez-nous de votre goût pour la musique qui se reflète dans le film.

ALA : La musique, pour moi, c’est tout! C’est comme le vent dans les voiles. Toute la musique du film était dans le scénario. Sur le tournage, je jouais la musique sur le plateau en même temps que je filmais la scène. La musique c’est comme du bon sexe, c’est bon pour l’un et l’autre. La bande originale va être éditée et sortira en CD et même en vinyle en novembre!

 

 

Comment était l’ambiance sur le tournage pour vous Sheila et Vand?

Arash Marandi : Pour continuer avec la métaphore sexuelle, c’était comme du bon sexe. Il y avait une alchimie entre nous tous. Je vis en Allemagne, Sheila et Ana vivent à Los Angeles. Avant de tourner le film, on a beaucoup communiqué à distance par Skype et les réseaux sociaux. On a tourné dans le nord de Los Angeles, principalement de nuit. C’était sombre mais on s’est tous très bien entendus.

Sheila Vand : Je connais Ana depuis longtemps. J’étais très excitée à l’idée de jouer dans un de ses films. Ensuite, j’ai fait la connaissance d’Arash, c’est quelqu’un d’adorable, très mignon. On s’est beaucoup amusé! Je n’ai jamais eu l’occasion de jouer dans ce genre de film. J’ai eu le sentiment de faire le film que je voulais voir. Et puis c’est très puissant de savoir que l’on peut tuer n’importe qui à n’importe quel moment. parfois je me dis que j’aimerais bien pouvoir continuer à le faire (sourire)!

 

 

Lors de la projection à Deauville, vendredi 5 septembre.
Lors de la projection à Deauville, samedi 6 septembre.

 

Votre film évoque celui de Jim Jarmusch, “Only Lovers left alive”, présenté au dernier festival de Cannes. L’avez-vous vu?

ALA : Je ne suis pas fan de Jim Jarmusch mais j’ai adoré son film de vampire. Je crois que lui et moi, nous respirons les mêmes vapeurs de gaz!



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