Winter’s Bone : Leçon de (sur)vie avec l’impressionnante Jennifer Lawrence

"Winter's Bone" de Debra Granik. Avec Jennifer Lawrence, John Hawkes. En salles le 3 novembre. (DR)
"Winter's Bone" de Debra Granik. Avec Jennifer Lawrence, John Hawkes. En salles le 3 novembre. (DR)

Prix ex-aequo du jury du dernier festival du cinéma américain (avec “The Myth of the American Sleepover”), “Winter’s Bone” de la réalisatrice Debra Granik est l’adaptation du roman éponyme de Daniel Woodrell (auteur notamment de “Chevauchée avec le diable” adapté en 1999 par Ang Lee avec Tobey Maguire). L’histoire se déroule dans la campagne glaciale et austère des Monts Ozarks au sud du Missouri. Emmitouflée sous un bonnet et un épais manteau qui cachent la beauté juvénile de ses traits, Ree, 17 ans, s’occupe seule de son petit frère et de sa petite soeur depuis que leur mère a perdu la raison. Il faut dire que le père trafiquant de méthadone, a abandonné la petite famille il y a longtemps. Convoqué devant le juge, il reste introuvable. Le problème, s’il ne se présente pas le jour j, sa famille risque de perdre la maison et le terrain boisé environnant. Pour ne pas se retrouver à la rue, Ree s’empresse de partir à sa recherche…

Jennifer Lawrence, 19 ans est i.n.c.r.o.y.a.b.l.e dans ce rôle de femme-enfant aux contrastes saisissants. Derrière le visage poupin et le physique fragile d’adolescente se cache une femme de caractère dotée d’un instinct de survie quasi animal. Il faut la voir dépiauter un écureuil au couteau ou encore enseigner l’art de tirer au fusil à ses deux protégés. On se croirait presque dans un western naturaliste façon “Jeremiah Jonhson” de Sydney Pollack. Le travail de photographie est magnifique et rend hommage au décor naturel, ces bois frigorifiés,  à la fois spectaculaires et inquiétants.

Déterminée à sauver sa famille coûte que coûte, Ree fait preuve d’une obstination presque suicidaire. Elle brave les menaces de ses voisins aux visages patibulaires tous unis par une sorte de code qui impose le silence sur les actions des uns et des autres. Clin d’oeil au responsable du casting pour avoir su trouver autant de “sales gueules”.

Dans cet univers brutal et sauvage, la police, représentée par le jeune shérif local, est incapable de faire régner l’ordre. Une scène illustre bien cet état de fait : le shérif fait arrêter la voiture de Teardrope, l’oncle de Ree, mais terrorisé à l’idée de se faire descendre, le laisse filer sans broncher.

A force de jouer avec les nerfs des uns et des autres, Ree récolte une sévère punition qu’elle accepte froidement. Néanmoins, son action parvient à éveiller chez certains un semblant d’âme humaine, notamment chez Teardrop. Ce personnage au visage creusé de rapace bénéficie du jeu intense et inédit de l’acteur américain John Hawkes que l’on avait découvert dans un registre plus comique avec “Moi, toi et tous les autres” de Miranda July (grand prix de Deauville en 2005). Tour à tour menaçant, imprévisible et sympathique, il est l’autre excellente surprise du film.

Quant à ceux qui chercheraient une explication sur le titre : Winter’s bone (traduire Os d’hiver), il suffit d’attendre la fin du film et garder le coeur bien attaché!

“Winter’s Bone sortira en salles le 3 novembre.

T.R




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