Dheepan : La Coudraie, décor esthétique de la Palme d’or

 

"Dheepan", de Jacques Audiard. Avec Antonythasan Jesuthasan, Kalieaswari Srinivasan, Claudine Vinasithamby, Vincent Rottiers.
"Dheepan", de Jacques Audiard. Avec Antonythasan Jesuthasan, Kalieaswari Srinivasan, Claudine Vinasithamby, Vincent Rottiers.

 

Il faut patienter environ quinze minutes avant de voir apparaître à l’écran les barres d’immeubles si reconnaissables du quartier. On ne les quittera quasiment plus, sauf à la toute fin (dommage, car l’épilogue est superflu). La Coudraie, célèbre quartier de Poissy, est bien l’autre vedette du septième long-métrage de Jacques Audiard, à découvrir en salles, ce mercredi 26 août.

 

 

L’entrée en matière est curieusement bucolique. Les protagonistes, à savoir trois réfugiés sri-lankais, un ancien soldat tamoul (Dheepan), une jeune femme (Yalini) et une fille de 9 ans (Illayaal), qui se font passer pour une famille, arrivent dans le quartier à pied, sous une allée d’arbres, sans doute en provenance de la rue de Migneaux et du centre sportif Maurice-Clerc (que l’on ne voit pas à l’écran).

 

 

Kalieaswari Srinivasan joue Yalini.
Kalieaswari Srinivasan joue Yalini.

D’ailleurs, il n’est nullement mentionné Poissy, ni même La Coudraie. Le quartier a été rebaptisé “Les Prés”. Les personnages s’attendent à vivre au milieu d’une prairie. Très vite, ils découvrent un environnement vertical et clos. A quelques exceptions près (une tentative de fuite dans une gare, une sortie dans un parc et une visite chez un bijoutier), les protagonistes évoluent en huis clos dans le décor ceinturé d’immeubles de La Coudraie. La population locale apparaît d’emblée inquiétante, voire menaçante. Il faut montrer patte blanche pour pénétrer dans le quartier (les sacs sont systématiquement fouillés comme dans un aéroport) et, une fois à l’intérieur, respecter des règles de comportement qui ont pour seul but de ne pas perturber le trafic de stups local.

 

 

Attention, “Dheepan” n’est pas un film de gangsters. Le réalisateur plante simplement un décor. C’est ce qu’il répète dans chacun de ses entretiens, depuis qu’il a obtenu pour ce film la palme d’or au dernier festival de Cannes. Et c’est effectivement ce que l’on ressent en le visionnant. En adoptant systématiquement le point de vue des réfugiés protagonistes, le spectateur est également exclu de la vie des trafiquants. Ils restent à l’état d’ombres, menaçantes certes, mais désincarnées. Les Pisciacais diront qu’Audiard a fait resurgir les fantômes du passé trouble de La Coudraie.

 

 

Vincent Rottiers ("Les Diables", "Renoir") incarne le chef de gang, Brahim.
Vincent Rottiers ("Les Diables", "Renoir") incarne le chef de gang, Brahim.

 

La réussite du film tient dans sa concentration sur la psychologie et les relations entre les trois membres de la famille factice sri-lankaise. Porté par le charisme et l’interprétation sans faille des trois comédiens, Antonythasan Jesuthasan, Kalieaswari Srinivasan et Claudine Vinasithamby, “Dheepan” suscite chez le spectateur une puissante empathie. On peut aussi souligner le travail de mise en scène, de photographie et de lumière visant à apporter à La Coudraie une dimension esthétique extraordinaire.

 

Les plans filmés à la grue qui s’élève au-dessus des barres d’immeuble donnent l’impression vertigineuse de nous envoler. On devine au loin les bâtiments du quartier Beauregard, en revanche on ne voit jamais ceux en construction dans le cadre de l’opération de rénovation urbaine. Audiard est aussi très fort lorsqu’il filme les cages d’escalier. On pense à cette scène simple mais intense qui montre Yalini gravissant les marches jusqu’au 9e étage du bâtiment G. L’ambiance alterne entre pénombre inquiétante et éclats soudains de lumière et de bruit (aboiement) qui font sursauter. Idem pour l’ascension finale de Dheepan, qui, elle, se déroule dans une atmosphère brumeuse et fantastique.

 

A maintes reprises, le cinéaste nous entraîne avec ses personnages dans les sous-sols puis sur les toits de la Coudraie. Ce jeu de la verticalité se décline avec des scènes en pied d’immeuble filmées en plongée depuis le sommet et inversement, car le danger surgit aussi des toits ; ou bien les yeux levés vers le ciel pour admirer un feu d’artifice tiré au coeur du quartier.

 

 

La Coudraie, c’est aussi son école. Le film s’y attarde à plusieurs reprises, avec pour cadre la cour, une salle de classe, un couloir… Mais c’est surtout dans l’intimité des appartements (certes délabrés) de La Coudraie qu’Audiard développe ses thèmes fétiches (l’intégration sociale, la capacité à rebondir…) et filme avec délicatesse et sensualité, ce qui le motive par dessus tout, l’érotisme lié au sentiment amoureux.

 

Finding Westeros : Ulster is coming (end)

Dernière étape dans le county Down, près de Downpatrick puis de Newcastle. Je n’ai pas eu la possibilité de me déplacer jusqu’à Belmore Mountain et aux Marble Arch Caves (dont Pollnagollum Cave), dans le county Fermanagh, où ont été tournées plusieurs scènes, dont celles avec de l’affrontement entre The Hound et Beric Dondarrion :

Castle Ward (Donwpatrick)

Contrairement à Shanes Castle à Randalstown, l’entrée à Castle Ward (Downpatrick) est payante. A l’accueil, des jeunes (sans doute des étudiants embauchés pour l’été) vantent les mérites de la propriété en lien avec la série. La cour de la ferme transformée à renfort d’effets numériques est devenue la cour de Winterfell dans la première saison.

 

 

The Stark family greets King Baratheon and his family at Winterfell (season 1).
The Stark family greets King Baratheon and his family at Winterfell (season 1).
Winterfell courtyard as seen in the show.
Winterfell courtyard as seen in the show.
Winterfell courtyard without the digital effects.
Winterfell courtyard without the digital effects.

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Réservé à ceux qui payent le "Winterfell Tour", cet espace permet de revivre la scène de Bran apprenant à tirer l'arc dans le premier épisode de la première saison.

A Castle Ward, on trouve aussi Audley’s Castle qui est utilisé dans la saison 3 : c’est là que Robb en guerre avec les Lannisters organise son camp et retrouve Talisa (PS : lien vers une très intéressante théorie sur le véritable rôle de Talisa)

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Robb's camp at Castle Ward.
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Audley's castle can be seen in the back.

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audley's castle 2

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Strangford Lough qui borde Castle Ward est le décor du Trident. Il manque juste le pont qui a été créé numériquement.
Strangford Lough qui borde Castle Ward est le décor du Trident. Il manque juste le pont qui a été créé numériquement.
Crossing the Trident.
Crossing the Trident.

Une autre séquence fameuse tournée à Castle Ward :

 

 

Brienne et Jamie découvrent des corps pendus à un arbre dans season 2 épisode 10.
Brienne et Jamie découvrent des corps pendus à un arbre dans season 2 episode 10.

quick death 2

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Plus de photos de Castle Ward ici.

Inch Abbey

A Downpatrick, les ruines d’Inch Abbey (XIIe et XIIIe siècles) sont nettement visibles dans cette scène qui marque l’annonce à Lady Catelyn de la mort de Ned Stark dans la première saison.

 

 

Lady Catelyn at Inch Abbey.
Lady Catelyn at Inch Abbey.

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Pendant ma visite à Inch Abbey, un groupe de touristes a débarqué en car, arborant des tenues directement inspirées de la série : celle des Starks. Ils faisaient partie des nombreux “Game Of Thrones Tours” qui sont aujourd’hui proposés en Irlande du Nord.

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Tollymore Forest Park (Newcastle)

Non loin de Downpatrick, le parc forestier de Tollymore (Tollymore Forest Park), sur la commune de Newcastle (county Down) fait également l’objet de visites guidées (payantes) pour les fans de la série.

En demandant à l’accueil, on apprend déjà où la production a tourné la scène d’ouverture du premier épisode de la première saison :

 

 

Les corps des Wildlings découverts mutilés dans la scène d'introduction du premier épisode de la première saison.
Les corps des Wildlings découverts mutilés dans la scène d'introduction du premier épisode de la première saison.

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On se souvient aussi de la découverte des bébés Direwolves dans la forêt, la séquence a été tournée non loin de la forêt enchantée ci-dessus, le long de la “River Trail”, au niveau du pont Altavaddy (Altavaddy Bridge).

 

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More pictures of Tollymore Forest Park, the River Trail here.

Finding Westeros : Ulster is coming (4)

La route vers le sud de l’Ulster par les Glens of Antrim se poursuit avec Carncastle (land of Winterfell) puis dans les terres, Slemish Mountain avec la Shillanavogy valley (Dothraki sea).

Carncastle

Le village près de la mer est vite traversé. L’essentiel se trouve sur les hauteurs, le Knock Dhu, particularité géologique, a servi de cadre à plusieurs scènes censées se dérouler sur les terres de Winterfell. La plus mémorable est celle de la décapitation du garde de la Night’s Watch par Ned Stark dans le premier épisode de la première saison.

 

 

Le déserteur de la Night's Watch rattrapé par des soldats Stark.
Le déserteur de la Night's Watch rattrapé par des soldats Stark.
Ned Stark décapitant le garde, dans le décor du Knock Dhu.
Ned Stark décapitant le garde, dans le décor du Knock Dhu.
Knock Dhu.
Knock Dhu.
Montagne surplombant Waterfoot.
Montagne surplombant Waterfoot.

Shillanavogy Valley (Slemish Mountain)

Dans la première saison, cette vallée enherbée située au pied de la montagne Slemish (entre Larne et Ballymena) représente les steppes du peuple Dothraki (Dothraki sea).

shillanavogy valley 1
A droite : Visarys Targaryen et Jorah Mormont dans la Shillanavogy valley.
Daenarys and the Dothraki in the Dothraki sea (season 1).
Daenarys and the Dothraki in the Dothraki sea (season 1).
Shillavanogy valley vue depuis le sommet de Slemish Mountain.
Shillanavogy valley vue depuis le sommet de Slemish Mountain.
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Shillanavogy valley et en arrière plan Slemish mountain.

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Magheramorne Quarry

Quasiment invisible depuis la route qui mène de Larne à CarrickFergus sur l’A2, la carrière de Magheramorne (Magheramorne quarry) qui sert de lieu de tournage pour la plupart des séquences de Castleblack et du Wall, est gérée par le groupe Lafarge. On la distingue nettement mieux (mais de plus loin) depuis Island Magee.

wall game of thrones
The Wall.

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On distingue les bâtiments et le monte-charge de Castleblack le long du mur blanc.

Shanes Castle (Randalstown)

Au nord ouest de la ville d’Antrim, Randalstown abrite le domaine de Shanes Castle, ouvert gratuitement au public.

Les ruines du château ont notamment servi pour les scènes de Ned Stark prisonnier du donjon. Le tournoi organisé par Robert Baratheon avec la joute entre The Mountain et Loras Tyrell dans la première saison est filmé dans le parc du château.

ned stark dungeon
Ned Stark locked in the dungeon at Shanes Castle.
Shanes Castle.
Shanes Castle.

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Loras Tyrell à cheval affronte The Mountain.
Loras Tyrell à cheval affronte The Mountain.

Surtout, on identifie le pont sur lequel s’affronte Jamie Lannister et Brienne of Tarth dans la saison 3 (épisode 2).

 

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Brienne of Tarth en garde.
Swordplay between Jamie and Brienne.
Swordplay between Jamie and Brienne.

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bridge shanes castle 2

D’autres photos du pont avec notamment une course de voitures anciennes ici.

Moneyglass Estate (Toomebridge)

Propriété privée située entre Toome et Moneyglass (county Antrim), Moneyglass Estate est privilégiée par la production à partir de la saison 3 pour tourner notamment le fameux épisode du Red Wedding et la fuite d’Arya. Le site est bien gardé et inaccessible.

 

 

Arya et The Hound s'enfuient de The Twins à la fin de l'épisode du Red Wedding.
Arya et The Hound s'enfuient de The Twins à la fin de l'épisode du Red Wedding.
Moneyglass Estate.
Moneyglass Estate.

A suivre.

Finding Westeros : Ulster is coming (3)

Petit tour dans les glens of Antrim et ses liens avec Game of Thrones.

Murlough Bay

Baie située entre deux têtes Fair Head et Torr Head, Murlough Bay sert de cadre à plusieurs reprises dans la série, notamment lors de la rencontre entre Stannis et Renly Baratheon dans la saison 2 ou bien dans la continuité de l’arrivée de Theon sur son île natale des Iron Islands.

 

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Rencontre au sommet entre Stannis et Renly Baratheon.

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Theon et sa soeur traversent Murlough Bay.

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Dans la saison 5 épisode 6, c’est Tyrion et Jorah Mormont qui se retrouvent à Murlough Bay après avoir échappé aux Stone Men. Ils sont néanmoins fait prisonniers par des pirates.

 

 

Murlough Bay dans l'épisode 6 de la saison 5.
Murlough Bay dans l'épisode 6 de la saison 5.
Les pirates font prisonniers Tyrion et Jorah.
Les pirates font prisonniers Tyrion et Jorah.
Murlough Bay.
Murlough Bay.

season 5 murlough bay

season 5 murlough bay 2

murlough bay season 5 4

Cushendun Caves

Les grottes de Cushendun (county Antrim) ne sont curieusement pas indiquées comme un site touristique. C’est sans doute pour cela que l’on n’y trouve pas de visiteurs et que l’endroit est épargné par les détritus.

Dans la saison 2, la priestess Melisander y accouche de l’ombre noire de Stannis devant les yeux paniqués de Sir Davos.

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Lady Melisander gives birth to a shadow in Cushendun caves.

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Glenarm

Ce minuscule village en bord de mer n’est pas un lieu de tournage mais il est essentiel car abrite le joaillier officiel de la série. L’entreprise Steensons a créé, dès la première saison, la couronne de Joffrey, les colliers des Lannisters, les broches des personages dont le Mockingbird de Petyr Baelish. Voici le site officiel.

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Necklace worn by Cersei Lannister.

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Hand of the King.
Tyrell brooch.
Tyrell brooch.
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Lannister brooch.
Baratheon brooch.
Baratheon brooch.
Targaryen brooch.
Targaryen brooch.
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Stark brooch.

A suivre.

Finding Westeros : Ulster is coming (2)

Le voyage au cœur de Westeros Ulster continue.

Downhill Strand

Toujours sur la côte nord de l’Ulster, Downhill (county Londonderry) est associée à Dragonstone, le château créé par les Targaryen et occupé dans la saison 2 par Stannis Baratheon, le frère de Robert et de Renly Baratheon, prétendant au trône après la mort de Robert.

Une célèbre séquence tournée sur Downhill Strand (plage de Downhill, en contrebas du Mussenden Temple où a été créé numériquement le château de Dragonstone) montre une cérémonie funèbre (the burning of the old gods) conduite sur la plage par la priestess Melisander (Carin Van Houten) :

 

Melisander conduit la cérémonie de destruction des anciens dieux de Westeros sur la plage de Downhill.
Melisander conduit la cérémonie de destruction des anciens dieux de Westeros sur la plage de Downhill.
Burning of the old gods.
Burning of the old gods.

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Mussenden temple où a été créé numériquement le château de Dragonstone.

A voir également : Downhill Demesne avec mes photos ici.

Et plus de photos de Donwhill Strand.

Dunluce Castle

Incontournable sur la côte nord d’Antrim, entre Bushmills et Portrush, Dunluce Castle a inspiré les producteurs de la série pour créer le château de Pyke.

Château de Pike
Château de Pyke

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Giant’s Causeway située à proximité de Dunluce Castle n’a pas servi dans la série. Mais elle mérite un détour. Photos ici.

The Dark Hedges (Ballymoney)

Pas évidente à trouver la petite route bordée de hêtres centenaires baptisée Dark Hedges (haies noires) se trouve entre Ballymoney et Ballintoy (county Antrim), le long de la petite route B147 (après Stranocum en venant de Ballimoney).

On la voit à la fin de la saison 1, pendant huit secondes lorsque Arya se fait passer pour un garçon et s’enfuit de King’s Landing avec un garde de la Night’s watch.

Arya déguisée en garçon s'enfuit de King's Landing via la King's road.
Arya déguisée en garçon s'enfuit de King's Landing via la King's road.

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Larrybane Quarry (Carrick a Rede)

Le second parking du pont de corde de Carrick a Rede (rope Bridge – mes photos ici) dans le county Antrim, entre Ballintoy et Ballycastle, est une ancienne carrière (Larrybane Quarry). Ce site a été aménagé en camp de Renly Baratheon dans la saison 2. C’est là que l’on découvre Margeary Tyrell et surtout Brienne of Tarth qui se distingue dans un duel avec Loras Tyrell.

 

 

Renly Baratheon à Larrybane Quarry.
Renly Baratheon à Larrybane Quarry.

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Brienne of Tarth avec Catelyn Stark à Larrybane Quarry.
Brienne of Tarth avec Catelyn Stark à Larrybane Quarry.

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A suivre.

Finding Westeros : Ulster is coming (1)

«Il se dit que les producteurs pourraient revenir en août.» Sur le ton de la confidence, le jeune rouquin qui m’accueille à l’entrée de Castle Ward m’explique que l’aventure continue avec “Game of Thrones”. Ce site situé non loin de Downpatrick, dans le comté Down, en Irlande du Nord a notamment servi de cadre à Winterfell, le château des Starks, mais aussi à des scènes censées se situer bien plus au sud de l’île de Westeros.

Voici donc un petit tour d’horizon des lieux de tournage de la célèbre saga en terre nord-irlandaise. Ulster is coming.

Belfast Titanic Studios

La salle du trône de fer a été créée dans les studios de Belfast.
La salle du trône de fer a été créée dans les studios de Belfast.

throne room 2

titanic studios 3

titanic studios 2

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Situés dans le quartier dit “Titanic Belfast”, à l’embouchure de l’estuaire de la mer d’Irlande avec la rivière Logan, les studios Titanic servent de base de tournage pour la compagnie de production américaine HBO. C’est là que se trouve la célèbre throne room (salle du trône) et son très convoité trone de fer. Malheureusement, le site ne peut être visité et est bien gardé avec des caméras de surveillance et des patrouilles régulières de police.

More photos of Belfast : here

Ballintoy Harbour

Entre Bushmills et Ballycastle, sur la côte nord de l’Antrim, le village de Ballintoy attire le touriste en raison de son petit port de pêche. Ce site a été utilisé dans la saison 2 (épisode 2) de la série avec l’arrivée de Theon Greyjoy sur son île natale (Iron Islands) et sa rencontre (embarrassante) avec sa sœur.

Le port de Ballintoy sert de port d'arrivée de Theon Greyjoy sur son île natale des Iron Islands.
Le port de Ballintoy sert de port d'arrivée de Theon Greyjoy sur son île natale des Iron Islands.

 

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Dans la scène Theon gravit ces marches.
Theon retrouve son père et se fait baptiser pour redevenir un véritable Greyjoy.
Theon retrouve son père et se fait baptiser pour redevenir un véritable Greyjoy.

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Autre moment de la série tourné à Ballintoy : Melisandre revient à Dragonstone avec le bâtard de Robert Baratheon. On reconnaît le rocher en arrière plan.

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More pictures of Ballintoy : here

A suivre.

Mustang : Un grand coup de sabots dans l’engrenage de la privation

"Mustang", de Deniz Gamze Ergüven. Avec : İlayda Akdoğan, Tuğba Sunguroğlu, Güneş Nezihe Şensoy, Doğa Zeynep Doğuşlu, Elit İşcan,
"Mustang", de Deniz Gamze Ergüven. Avec : İlayda Akdoğan, Tuğba Sunguroğlu, Güneş Nezihe Şensoy, Doğa Zeynep Doğuşlu, Elit İşcan,

Mustang. Crinière au vent, galopant sur des plaines infinies, ce cheval est le symbole de la liberté absolue. Lors de la conquête de l’Ouest américain, les cow-boys ont tenté de le domestiquer. En vain, le réduire en captivité, c’est signer son arrêt de mort. Alors, quelle formidable titre en forme de métaphore, donné au premier long-métrage de la réalisatrice franco-turque, Deniz Gamze Ergüven !

Encensé à juste titre par la critique lors du dernier festival de Cannes, “Mustang” met en scène non pas des équidés du far West, mais cinq soeurs, cinq jolies adolescentes, d’âges et de tempéraments différents, unies  par un lien fusionnel extrêmement puissant… mais pas indestructible, malheureusement! L’intrigue, digne d’un conte, se déroule dans un village de campagne au Nord de la Turquie. Lale, Nur, Ecce, Selma et Sonay se retrouvent assignées chez elle après avoir été surprises dans l’eau avec des garçons. En réalité, elles ne faisaient rien d’autres que s’amuser. Seulement, les adultes, y compris leur grand-mère et leur oncle (quel pervers hypocrite, celui-là!) avec qui elles vivent, les accusent d’avoir créé un scandale sexuel.

Güneş Nezihe Şensoy.
Güneş Nezihe Şensoy.

Comme l’annonce, dès le début, en voix off, la benjamine Lale (Güneş Nezihe Şensoy), leur vie a basculé, en l’espace d’un battement de cils, pour le pire.

Un implacable engrenage se met en marche sous nos yeux, avec pour mot d’ordre la privation et la contrainte d’entrer dans le rang conformément aux règles et aux valeurs d’une société castratrice et misogyne. Les petites filles d’hier ont grandi. Les adultes du village réalisent soudain qu’avec leurs formes émergentes, elles sont devenues belles et désirables. Sans doute, aguichent-elles les garçons de leur école. Elles risquent très vite de devenir impures et donc impropres au mariage. Danger! Qu’en dira-t-on dans le village? La seule parade c’est de les empêcher de sortir jusqu’à ce qu’on les marie. Vite, leur trouver un conjoint, car ces filles n’existent que pour le mariage, bien entendu. Leur innocence, leurs désirs, leurs rêves, leurs espoirs… sont enfermés à double tour en même temps que leur liberté, derrière les grilles et les murs réhaussés de la maison familiale. Ils n’en sortiront que l’anneau au doigt et au bras d’un homme qu’elles n’auront bien souvent pas choisi.

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Mais c’est sans compter l’âme libre et rebelle de la réalisatrice formée à la Femis. Elle évite tout misérabilisme en maintenant une certaine distance par l’humour. La preuve avec cette scène étonnante du match de football, illustrant une forme de solidarité féminine réconfortante. Surtout, Deniz Gamze Ergüven insuffle son amour de la liberté et la volonté de s’affranchir, à chacune de ses cinq “princesses”, à des degrés divers. Elle les filme dans leur intimité – celle qu’il faut absolument cacher au monde extérieur pour cause de tabous – avec une grande bienveillance. Le travail sur la lumière est remarquable. Certains plans sont d’une beauté incroyable. La caméra s’approche au plus près des visages et des corps de ces jeunes filles avec une infinie tendresse.

En retour, les jeunes comédiennes (toutes sont des révélations) se montrent époustouflantes de naturel et de charisme. On rit avec elles, on tremble avec elles, on pleure avec elles. Mention spéciale à Güneş Nezihe Şensoy, la plus jeune des cinq et, en même temps, l’élément moteur de l’intrigue et le grain de sable qui se glisse dans l’engrenage pour mieux le faire dérailler. Osons une comparaison cannoise, elle est une sorte d’”Imperator Furiosa“ junior, tout aussi intrépide, déterminée et porteuse d’espoir que son modèle “mad-maxien”. A ses côtés, on a envie de croire à un happy end et à la grande évasion vers l’Eldorado, même si le conte n’en demeure pas moins tragique.

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Signalons aussi la très belle bande originale signée Warren Ellis (collaborateur de Nick Cave). Loin des clichés orientaux, elle donne, au contraire, grâce à ses sonorités folk hypnotiques, une dimension à la fois singulière et universelle au film.

Alice, Lola, Anaïs, Isabelle… Les actrices illuminent le 29e festival du film romantique de Cabourg

Juliette Binoche à Cabourg : «La mélancolie rend heureux»

 

Juliette Binoche à Cabourg (Crédit Dominique Saint)
Juliette Binoche à Cabourg (Crédit Dominique Saint)

Entretien avec la comédienne Juliette Binoche, présidente du jury du 29e festival du film romantique de Cabourg.

 

Vous êtes originaire du sud ouest de la France…

Non une partie de ma famille. Je suis née à Paris.

 

Avez-vous néanmoins une part de Normandie?

Non, plutôt flamande. Roubaix!

 

Et sur le plan gastronomique? Les fromages normands par exemple, vous aimez?

Des fromages, il y en a partout (rire). Je suis plutôt chèvre.

 

Et le calvados ou le cidre ?

Oui je bois du cidre. J’aime les crêpes.

 

Vous avez une actualité plutôt chargée entre le théâtre (Antigone) et le cinéma. Le festival de Cabourg, ce sont des vacances pour vous?

C’est la première fois. Je n’ai jamais fait cette expérience-là. C’était plutôt heureux comme préambule. J’étais déjà venu ici, j’ai reçu le prix de l’actrice de l’année. C’était juste après l’Oscar. Mais, je ne suis pas sûr que c’était pour “Le Patient anglais” parce que ce prix est réservé aux films français non?

 

Je ne crois pas non.

Je n’en sais rien. Donc je crois que c’est pour ce film-là, mais je n’en suis pas sûre. J’avais un souvenir de festivités devant la mer – devant la mer du nord et pas celle du sud – d’un petit festival chaleureux avec un côté bonne franquette française qui est agréable.

 

L’ambiance est différente quand on est présidente de jury?

Je n’ai jamais été dans un jury. De voir trois fins dans la journée, ce n’est pas une expérience que j’ai. Cela implique un jugement qui doit être impartial. On peut être touché par un film mais ce n’est pas ça qui doit seulement permettre de juger le film. Il y a une responsabilité et le regard est un tout petit peu différent. On ne peut pas se laisser embarqué que par ses émotions et juger que par ses émotions. Le jury de cette année était intéressant. Il était composé comme si on faisait un film. Il y avait un producteur, un réalisateur, un scénariste, quatre acteurs, un musicien compositeur.

 

Je crois savoir que vous aviez fait le tour des filmographies et des CV des membres du jury avant de les rencontrer?

C’est la moindre des choses de connaître les gens avec qui on va passer un certain moment ensemble. Savoir de quel horizon.. Je connaissais Gilles Torrent, Mélanie Thierry…

 

Vous disiez avoir des liens de parenté avec Raphaël Personnaz?

Oui nos arrière-grands-pères étaient frères. Je le savais, mais pas précisément. J’ai déjeuné avec ma tante qui m’a tout expliqué et j’ai enregistré un petit message d’elle. Je l’ai fait écouter à Raphaël qui était assez ému d’ailleurs! Il ne s’y attendait pas. Il avait entendu dire mais il ne savait pas exactement (rire).

 

 

Michel Legrand et Macha Meril.
Michel Legrand et Macha Meril.

 

Michel Legrand est honoré par le festival. Quel regard portez-vous sur ce compositeur?

Il a marqué le cinéma! Enfant, “Peau d’âne”, Les Demoiselle de Rochefort, ce sont des films qui ont compté. Je l’avais croisé parce que Jacques Demy m’avait proposé de jouer dans “Trois places pour le vingt-six”. Je n’avais pas été emportée par le scénario, mais je me souviens avoir passé une après-midi à chanter avec Michel Legrand. Cela avait été un moment agréable mais je n’avais pas l’enthousiasme du scénario et cela ne m’a pas emporté dans son univers.

 

Dans votre filmographie, mis à part “Le Patient anglais” quel film trouverait sa place dans le cadre du festival du film romantique de Cabourg, selon vous?

Je vous laisse le choix. Pour moi tout est romantique à partir du moment où il y a du coeur. La mélancolie est romantique. Le désir est romantique. On vient d’une origine qu’on ne connaît pas. C’est la reconnaissance de cette origine qui nous soulève, qui nous fait sentir les mouvements du coeur. C’est ça le romantisme. A partir du moment où on est soulevé, il y a cette mouvance des vagues. C’est la raison pour laquelle on est devant la mer (rire)! La mélancolie rend heureux. On sait qu’on vient de plus loin que ce qu’on voit. C’est inatteignable mais on peut le ressentir. Le ressenti nous permet de toucher cet inconnu.

 

 

"Sils Maria" d'Olivier Assayas. Avec Juliette Binoche et Kristen Stewart.
"Sils Maria" d'Olivier Assayas. Avec Juliette Binoche et Kristen Stewart.

 

Il y a un film que j’ai bien aimé, c’est “Sils Maria” qui méritait de remporter la Palme d’or l’an dernier. Quelle place occupe ce film dans votre coeur?

J’avais le désir quand j’ai appelé Olivier (Assayas) de le provoquer dans une partie de lui-même que je sens. Tout est à explorer, à expérimenter. On a besoin, parfois, d’avoir une force qui vient à vous, comme un metteur en scène ou un acteur vient à vous. Il viet vous bousculer parce que l’adversaire sait que vous avez des fruits qui peuvent tomber. En vous bousculant cela permet de faire porter des fruits.

 

Là c’est vous qui avez bousculé le réalisateur…

Oui, mais cela arrive plein de fois, plus que vous ne pensez. C’est dans les deux ans que ça se passe. Quand un acteur joue, le metteur en scène ne peut rien faire. Par son jeu, il peut bousculer les choses. Je me souviens pour le film “Copie conforme”, quand on a répété avec Abbas (Kiarostami) on n’avait jamais été dans ce sens là. Il a été surpris et moi aussi d’ailleurs! Je ne peux pas anticiper ce qu’il va se passer en moi. C’est le pari du jeu. Je saute dans un inconnu, on est ensemble dans un inconnu et on va découvrir ensemble ce qui se passe. On s’autoguide de par notre sensibilité et notre vision.

Olivier (Assayas), on a dîné ensemble juste avant qu’on se sépare et il m’a dit : j’aimerais bien qu’on refasse un film ensemble. Après il m’a envoyé un texto en me disant : “Est-ce que tu as des idées?”. Je lui ai envoyé une idée que j’ai depuis un temps. Il m’a dit  : “J’ai plutôt envie de faire un film d’époque”. Je lui ai envoyé des idées de personnages historiques pour un film d’époque. Il m’a dit, oui ça va dans le sens où je veux aller, mais là je suis en train d’écrire un film sur l’édition. ça se balance.

 

Il s’est aperçu que vous étiez moteur de grandes choses chez lui ?

Avec Léos, on était moteur l’un de l’autre. Il y a une correspondance entre acteur et metteur en scène.

 

Trois souvenirs de ma jeunesse : Pour l’alchimie entre les deux jeunes révélations

"Trois souvenirs de mon enfance - Nos Arcadies", d'Arnaud Desplechin. Avec Quentin Dolmaire, Lou Roy-Lecollinet, Mathieu Amalric, Olivier Rabourdin.
"Trois souvenirs de mon enfance - Nos Arcadies", d'Arnaud Desplechin. Avec Quentin Dolmaire, Lou Roy-Lecollinet, Mathieu Amalric, Olivier Rabourdin.

Les conditions sont nombreuses pour apprécier “Trois souvenirs de ma jeunesse – Nos Arcadies”, d’Arnaud Desplechin. Avant, d’embarquer dans cette terre idéale (Arcadie) de la jeunesse, le cinéaste exige beaucoup du spectateur. Mais dès lors que la règle est posée et la proposition de ton acceptée, le plaisir et l’émotion prennent le pas sur tout le reste.

Le reste, c’est notamment le contraste relativement déroutant entre, d’un côté, le réalisme de certaines scènes (la première nuit d’amour entre Paul et Esther) et, de l’autre, une impression de théâtralité et de désuétude dans l’interprétation. Les répliques prononcées par les jeunes protagoniste – des ados -, oscillent entre le langage soutenu, voire littéraire, et le familier. Ce décalage provoque des ruptures de ton aux conséquences diverses.

Lou Roy-Lecollinet.
Lou Roy-Lecollinet.

Parfois cela ne fonctionne pas : la scène d’engueulade dans l’escalier entre Paul enfant et sa mère, habitée certes, mais totalement artificielle et dépourvue de tension dramatique. Elle donne l’impression d’assister à une répétition théâtrale. A l’inverse, on applaudit des deux mains le choix de prendre le spectateur à contre-pied, en dédramatisant deux  scènes a priori graves et tendues : la découverte du pistolet sous le matelas et celle où Paul rapporte l’arme au trafiquant de drogue qui l’a vendue à son frère. Ces scènes se révèlent très drôles.

Citons aussi la scène finale autour du grec ancien qui revêt, au regard de la conjoncture (menace sur l’enseignement du latin et du grec dans le cadre de la réforme du collège), une dimension politique exacerbée.

Quentin Dolmaire.
Quentin Dolmaire.

La grande réussite de “Trois souvenirs de ma jeunesse” et ce qui fait qu’on a envie de le revoir,  repose dans la confrontation de ses deux jeunes révélations : Lou Roy-Lecollinet et Quentin Dolmaire. Elle, c’est Esther, 16 ans, jolie blonde aux lèvres pulpeuses dont tous les garçons tombent amoureux. Elle adopte un air effronté mais c’est pour mieux dissimuler ses angoisses intérieures (dont celle de se retrouver toute seule). Lui joue Paul, 19 ans, une gueule d’ange, résume un des personnages du film. Arnaud Desplechin le compare à juste titre à Alain Delon jeune et à Charles Denner (pour son phrasé).

Dès lors que ces deux là partagent l’écran, l’alchimie est sans faille tout comme notre plaisir à les voir, tels des danseurs, se chercher, se trouver, se séparer et se rapprocher à nouveau. Ce qui me fait dire qu’il y a bien deux souvenirs de trop dans l’histoire : celui de l’enfance et la pseudo mission d’espionnage à Minsk (en URSS et non pas en Russie comme indiqué à tort)n’apportent rien.

Même si l’on peut comprendre l’intention (faire le lien avec un de ses précédents films “Comment je me suis disputé (Ma vie sexuelle)”, réalisé en 1996 et où l’on retrouve les mêmes personnages), les scènes avec Mathieu Amalric (sauf peut-être la confrontation finale avec son meilleur ami Kovalki) paraissent tout aussi superflues. Telles des digressions parasites, elles nous éloignent du cœur de l’intrigue, ce qui suffit à faire tout le film : une passionnante histoire d’amour, frustrante et fusionnelle, sensuelle et épistolaire, entre deux personnalités singulières, irritantes, séduisantes et finalement, émouvantes.

Quentin Dolmaire, Lou Roy-Lecollinet et Rod Paradot, au festival du film romantique de Cabourg, samedi 13 juin.
Quentin Dolmaire, Lou Roy-Lecollinet et Rod Paradot, au festival du film romantique de Cabourg, samedi 13 juin.